Si vous découvrez vos guiboles en vous baladant dans les méandres Facebook, c’est sûrement que vous venez de tomber sur le groupe « Les candides de Jérôme ». Vozer a rencontré ce podophile, très discret.

« Escarpin, fétichisme de la chaussure, Foot fetishism », les « Candides des Jérômes » c’est tout cela. Une microcommunauté fétichiste d’une centaine de membres comme il en existe des millions sur Facebook. Mais celle-ci se démarque des groupes « Vends tes chaussettes » ou « Sniffeur de chaussettes puantes portées par de sublimes Déesses » en diffusant des photos des petons des Lilloises, parfois sans autorisation. Pendant un peu plus de deux semaines, nous avons conversé sur Facebook Messenger avec ce fétichiste des pieds.

Qui êtes-vous Jérôme ?
J’ai 44 ans. Je suis dans le milieu médical, praticien hospitalier, mais je ne tiens pas à en dire plus.

Qu’est-ce que les « Candides de Jérôme » pour vous ?
J’y montre des jolis pieds féminins, mais qui ne sont pas des pieds de « modèles » ou de mannequins. Ce sont des femmes de la vie de tous les jours. C’est aussi un moyen de vivre et d’exprimer cette passion pour le pied féminin. Je suppose que tu connais le terme de fétichisme ? Je suis fétichiste des pieds féminins, mais fétichiste que je qualifie de « soft ». J’aime cette idée d’exprimer la sensualité qui peut s’exprimer à travers un joli pied dans une belle chaussure.

Comment avez-vous commencé à accumuler ces clichés de pieds ?
En 1999-2000, j’étais dans un parc d’attractions (Walibi pour ne pas le nommer) et une jeune femme assise à côté de moi m’a donné l’envie de faire ma toute première photo de pieds féminins ! C’était une « photo volée ». Et après l’idée a fait son petit bonhomme de chemin. La qualité s’est améliorée. Puis j’ai demandé à des personnes de poser pour moi aussi…

« Vos modèles » savent qu’elles sont photographiées ?
Au début je n’ai fait des photos qu’en demandant à des jeunes femmes de poser. Puis après m’est venue l’idée de capturer des images dans la rue… Pour les photos « candides », les personnes ne savent pas que je photographie.

Votre entourage est au courant ?
Ce n’est pas une passion publique… Mon entourage n’est pas au courant de cette « activité ». Mon épouse est plus ou moins au courant, mais c’est tout. Pour elle, tout cela ne correspond à rien. Elle me laisse vivre mon « truc » sans me poser de question. Enfin, c’est un peu compliqué, mais là on entre dans un autre sujet !

Qui sont les membres de votre communauté ? Il y a beaucoup de profils différents, des sado-maso notamment.
Il est vrai qu’ils sont divers. En fait, je ne refuse personne. Sauf si les gens sont trop « vulgaires » et l’affichent sur ma page. Je tiens à rester dans mon univers très « soft », m’appuyant plus sur l’idée de féminité et de sensualité. Le hard ne m’intéresse pas, mais je comprends que les gens qui aiment le hard aiment aussi mes photos. Il y a aussi dans mes contacts des gens que j’ai rencontrés en vrai. Parfois c’est moi qui invite des gens.

Pour finir, pieds nus ou talons aiguilles ?
Difficile comme question ! En fait, je suis plus attiré… Stimulé, on va dire, par les pieds chaussés de talons… Mais je ne suis pas complètement insensible aux jolis pieds nus. Je craque quand j’y vois une certaine sensualité.

 

Ce que dit la loi
En matière de photo de rue, la pratique de Jérôme est légale, du moins tant qu’un juge ne vient pas dire le contraire. Il est tout à fait possible de diffuser des photos prises dans un lieu public dans un but artistique, c’est à dire sans les vendre. Mais ces photos ne doivent pas être dégradantes. C’est là qu’il revient à un juge d’examiner la situation et surtout s’il y a un préjudice. Ce qui est toujours très compliqué à établir.

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