À partir du 1er octobre, l’ensemble des aides au logement (APL, ALF, ALS) baisseront de cinq euros. Pour les étudiants et jeunes actifs, cette coupe budgétaire est évaluée à une réduction annuelle de 60 euros des APL.

Le gouvernement d’Édouard Philippe vient de réussir un tour de force rare en mettant d’accord les deux frères ennemis du syndicalisme étudiant que sont la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) et l’Union nationale des étudiants de France (Unef). Tous deux sont vent debout contre la baisse des APL annoncée samedi par l’exécutif. La FAGE, principal syndicat étudiant de France, rappelle que 800 000 étudiants bénéficient des Aides personnalisées au logement (APL) et représentent 40 % des allocataires.

De son côté l’Unef signale que le coût d’un loyer représente près de 54 % des dépenses mensuelles dans le budget d’un étudiant français alors que la moitié d’entre eux se salarient d’ores et déjà pour se payer des études supérieures. Interrogé par BFMTV, Lilâ Le Bas, présidente de l’Unef explique : « Cette aide est vitale pour avoir un logement autonome, pour avoir simplement les moyens de poursuivre ses études, car on le sait bien, la précarité est importante, les bourses insuffisantes. » À Lille, le loyer moyen d’un studio pour un étudiant était évalué, par le site Location-etudiant.fr, à 468 euros, en 2016. Selon le simulateur de la CAF, un étudiant non-boursier était en droit d’attendre une aide de 177 euros dans ce type de situation.

Une mesure hors programme

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron n’avait pas abordé cette problématique d’une réduction des APL. Il s’était par contre engagé à créer « un versement social unique et automatique pour lutter contre le non-recours aux aides sociales. » Cette mesure consistait à payer toutes les prestations (APL, RSA, prime d’activité, etc.) automatiquement le même jour du mois, un trimestre au plus tard après la constatation des revenus pour que chacun puisse toucher aussi vite que possible ce à quoi il a droit. Cette mesure n’a plus été évoquée par Emmanuel Macron depuis son élection à la présidence de la République.

« C’est pas nous »

Pour tenter d’expliquer cette décision de réduire le montant des aides au logement, une responsable du ministère de la cohésion du territoires a déclaré, samedi, qu’il s’agissait « de l’application d’une réforme d’économie budgétaire décidée sous le quinquennat précédent et pas encore appliquée ». Une affirmation formellement démentie par Emmanuelle Cosse, ancienne ministre du logement et Christian Eckert, l’ancien ministre chargé du budget.

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