Pour revenir « à l’esprit initial de la braderie », les vendeurs étrangers ne pourront pas déballer leurs étals dans le périmètre prévu par la mairie. Doucement, au cœur de l’été, la résistance s’organise sur Leboncoin où les enchères pour un emplacement ont déjà commencé.

Cela en dit long du malaise sémantique de la braderie 2017. Comment appeler un vendeur qui n’est pas Lillois ? Dans les communiqués et articles fleurissent d’étonnantes variations sur le sujet : « non-sédentaires », « non-Lillois », « qui  n’habitent pas Lille ». Toutes ces formules pour éviter d’utiliser l’antonyme d’habitant : « étranger » (il y a aussi bohémien, mais il sonne étrangement).

Payer ou s’abstenir

Si vous êtes un non-Lillois, un non-sédentaire ou pire un non-professionnel qui n’habite pas Lille (autant dire la lie de l’humanité), Martine Aubry a prévenu : vous ne pourrez rien vendre. Les entrées de la braderie seront contrôlées et une armée de 160 agents sera déployée pour faire la chasse aux vendeurs étrangers. Il n’existe qu’une dérogation à cette règle. Sortir le portefeuille pour acheter un titre de recette de 250 € à la mairie. Vous obtiendrez alors le droit de venir vous installer sur l’Esplanade, si vous êtes un particulier ou un antiquaire ou sur le boulevard de la Liberté, mais ce dernier est réservé aux professionnels. Intéressant, non ? Mais il est peut-être déjà trop tard, les dossiers étaient à déposer avant le 19 juin. Ce 26 juillet, il restait néanmoins des places sur l’Esplanade.

900 euros pour 10 mètres

Alors que faire ? Direction leboncoin.fr pour voir s’il y a une astuce. En cette fin juillet, le grand bazar virtuel est encore chiche sur la question. Seulement une poignée d’annonces a été postée.

 


L’annonce la plus singulière vient d’une certaine « Maria ». Elle vend un emplacement sur le « boulevard de la Liberté », un axe normalement réservé aux brocanteurs. Au téléphone, Maria nous explique qu’il va falloir débourser 900 euros pour obtenir notre emplacement de 10 mètres. Intéressant, mais comment est-ce possible avec tous ces contrôles ? « Il n’y aura pas de soucis, il sera à votre nom. Je verrai ça avec la mairie », nous explique-t-elle. Nous n’insistons pas. Apparemment Maria croule sous les demandes et il va « falloir se dépêcher de répondre » pour obtenir notre emplacement. On va quand même réfléchir un peu avant de payer.
Les trois annonces suivantes ont été mises en ligne par des bradeux à la recherche de quelques mètres de bitume. Contacté par téléphone, l’un d’eux, un Douaisien, nous explique « qu’il cherche un emplacement comme chaque année ». Mais pour l’instant, personne ne l’a contacté pour lui faire une offre. « Et pour 900 euros, cela vous intéresserait ? », tente-t-on. « Non, mais ça ne va pas ! , s’étrangle le Douaisien. Ça ne vaut pas ce prix-là ! On verra bien à la fin d’été. Il y aura sûrement plus d’offres… »

 

En attendant, si vous êtes Lillois, le temps est compté pour les inscriptions.