Bah oui, ça vient d’où cette manie de consacrer chaque année tout un week-end à la chine et à la fête? Comme on ne recule devant rien, on est remontés aux origines de la Braderie. Et le XIIe siècle, c’est quand même vachement loin. 

L’histoire est hyper marrante, vous allez voir. Nous sommes en 1127. Cette année là, pour vous situer, le comte de Flandres Charles Le Bon se fait lâchement assassiner à Bruges. Le roi Louis VI dit Le Gros (wesh) punit sévère ses assassins et fait nommer Guillaume Cliton (aucun lien avec Bill) qui doit lever de sales impôts sur les Nordistes.

C’est dans ce contexte d’austérité fiscale (déjà, à l’époque, on payait trop d’impôts) que deux commerçants de Lille, appelons les Jean-Patrick et Raymond pour les besoins de l’article, trouvent qu’il serait de bon ton, une fois par an, de pouvoir sortir leur bazar dans la rue pour le vendre au chaland. Plus exactement, les textes demandent l’autorisation de faire leur “braderie ou rôtisserie au-devant de leur maison“. Oui, parce que précision bien utile, braderie vient du moyen néerlandais “braden”, qui veut dire rôtir. On voit pas où est le rapport, mais bon.

Bref, Jean-Patrick et Raymond obtiennent le droit de commercer devant chez eux et s’en donnent à cœur joie. Ça donne des idées à leurs voisins, qui se mettent à faire de même. Et voilà que la foire de Lille s’installe gentiment.

Les domestiques, ces premiers bradeux

Les années passent et nous voilà au XVIe siècle. Les commerçants kiffent bien leur petite fête. Les domestiques des grandes maisons lilloises se mettent eux aussi à vendre les fringues, bibelots et autres ustensiles de cuisine délaissés par leur maîtres. Là, c’est l’engouement général, la sauce prend tellement que le terme “bradeux” est instauré pour désigner les vendeurs non-professionnels. Le week-end de la braderie devient une grosse teuf et on commence à voir les contours de ce qu’elle est aujourd’hui. À l’époque et jusqu’à il y peu, elle durait plusieurs jours, genre quatre.

Au XIXe siècle, la Braderie a tellement de succès qu’elle attire carrément les vendeurs en tout genre de la région et d’ailleurs. Le truc est bien installé dans le calendrier lillois, si bien que le lundi qui suit le week-end de braderie est chômé. Histoire que toute la ville ne se remette pas au travail avec la gueule de bois du siècle.

Voilà, vous savez tout. Tout ça c’est grâce à Jean-Patrick et Raymond.

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