Il aura suffit d’une soirée sympathique entre amis pour convaincre Éric, le gérant du Guamá Arepa Café qui a ouvert il y a peu, pour être convaincu qu’accepter les bitcoins pourrait être une bonne idée. 

C’était samedi soir dernier, pour être précis. “J’étais avec un cousin qui étudie à l’école 42 à Paris, qui travail sur les blockchains. Il m’a convaincu.” Dimanche, Éric réfléchit un peu et lundi, met le dispositif en place. Aussi rapidement que ça. “C’est un portefeuille bitcoin qu’on a sur notre tablette à la caisse. Le client, au lieu de payer en euros, paie en bitcoin.” C’est vraiment très simple : Éric entre le montant en euros du repas à payer dans le portefeuille bitcoin, qui fait la conversion. “Ça crée un flashcode que le client utilise pour faire le virement.” Et voilà, il vient de payer son arepa en crypto-monnaie.

Un fonctionnement rendu possible grâce à l’arrivée d’une banque à Paris, la Maison du Bitcoin, qui accepte d’échanger des bitcoins contre des euros. “Chaque mois, on donnera nos bitcoins à cette banque, et elle nous fera le versement des euros. Le seul inconvénient, c’est que ça peut prendre un peu de temps.

Là où le système est amusant -et risqué-, c’est que la valeur du Bitcoin varie d’un jour à l’autre. Si bien que le repas payé l’équivalent de 25 euros en bitcoins tel jour peut en valoir 10 euros la semaine suivante, ou 35 la semaine d’après. “C’est un peu un coup de poker“, admet Éric. Mais s’il gagne, il peut gagner gros, d’autant que la plus-value n’est pas imposable.

Le Bitcoin ne sera pas le premier moyen de paiement de Guamá, Éric le sait. Mais c’est pour lui un moyen de “capter la clientèle qui a du bitcoin“. “Et il y en a partout”, assure-t-il. “Je me suis dit qu’il ne fallait pas hésiter à le faire, et puis ça interpelle, c’est bien.” Non pas que le restaurant de spécialités vénézuéliennes ait besoin de visibilité, vu le nombre de mangeurs qu’il draine chaque jour. Mais c’est une corde de plus à son arc.

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