Le street artist Lillois est de retour avec un nouveau projet, Fake Beaux-Arts, et cette fois il s’en prend aux chefs-d’œuvre pour poser sa marque sur les rues de la ville.

Zacharie en avait un peu marre de ses Jack. Dans sa veste en velours rouge, il plisse les yeux derrière ses lunettes quand on le rejoint, lui et le photographe Bérurbex, sur la Grand-Place ensoleillée.

« Le Jack que j’utilise est plutôt jeune, époque Shining, proche de moi, y’a de l’affection entre nous. Ce n’est pas vraiment Jack Nicholson, c’est un peu moi, un peu Jack, un peu un moyen d’expression. Mais j’en ai beaucoup fait, les gens ne demandait plus que ça. J’ai eu envie de faire autre chose. »

Autre chose, c’est Fake Beaux-Arts, des digigraphies d’œuvres d’art ultra connues qu’il détourne et customise avant de les exposer sur les murs de Lille.

« L’idée c’est vraiment de partager. Je fais des études d’histoire de l’art, je peux aller au musée quand je veux, c’est gratuit. Mais le musée, ça peut être intimidant, donc je sors l’art du musée dans les rues, que tout le monde puisse le voir. Si quelqu’un va un jour voir l’original dans un musée après avoir vu mon affiche, j’ai gagné. »

 

 

Et depuis ce matin, il y en a des choses à voir ! Après la digigraphie Vénus, Zacharie en a créé une de Saint Jérôme, qu’il a affichée dans les rues de Lille.

Quatre Saint Jérôme pimpés, dans quatre formats différents, à aller chercher sur les murs. C’est une vraie chasse au trésor : Zacharie colle ses affiches en deux secondes chrono (et un coup de scotch double-face), les prend en photo et les poste direct sur Instagram, avec le cartel et le nom de la rue. On vous prévient : la séance de collage, c’était ce lundi midi, si vous voulez voir ces œuvres il va falloir tracer, car n’importe qui peut les décrocher. Sympa d’avoir un Zacharie Bodson en exclusivité, décroché directement dans la street posé dans son salon, non ?

Les digigraphies sont aussi imprimées à cinq exemplaires et en vente sur son site pour 10€. Comme quoi y’a pas que les 1% qui peuvent se payer des œuvres d’art.