On vous l’avait annoncée et elle était plus qu’attendue : la première soirée warehouse du collectif techno Track.nar devait se tenir dans la nuit du 11 au 12 mai à Lomme. Elle a été annulée à peine quelques heures avant. On vous explique le pourquoi du comment.

Let’s go pour un petit rewind. Nous sommes en l’an de grâce 2017, dans la métropole lilloise. Le collectif Track.nar est un habitué de l’organisation de soirées techno dans les appartements. Mais le temps est venu de partir en quête du Saint-Graal : un bâtiment entier pouvant accueillir une warehouse digne de ce nom.

Dans la communauté techno, l’attente est forte. Sauf que les réticences des villes, propriétaires ou riverains le sont encore plus. Alors les sept membres de Track.nar retroussent leurs manches et vont toquer un peu partout. Bingo, un propriétaire de Lomme accepte de les accueillir dans l’un de ses entrepôts.

Dossier “béton” VS administration

La motivation et le lieu sont là : ne manquent que les autorisations. Le collectif veut monter “un dossier béton” pour éviter tout problème et respecter les normes de sécurité. C’est une grande première pour le collectif qui cherche à suivre une démarche administrative avec laquelle il n’est pas encore familier. “Quelques mois avant l’événement, on a contacté la mairie de Lomme pour connaître la démarche à suivre. On nous a envoyés vers la police municipale, puis la nationale, puis la préfecture. Et cette dernière nous a finalement redirigés vers la mairie, relate l’un des membres du collectif. Trois semaines avant l’événement, ils ne savaient toujours pas nous indiquer précisément la procédure administrative à suivre“.

Assurances, bail du propriétaire, agents de sécurité et de nettoyage, dossier validé par une commission de sécurité privée : le collectif et ses bénévoles pensent être prêts pour le jour J. Même si l’autorisation de la mairie n’arrive pas.

À la mairie de Lomme justement, l’adjoint à la sécurité Francis Van Der Elst affirme que l’annonce d’un tel événement n’est jamais remontée jusqu’à lui. “On a juste une trace d’une demande d’autorisation de vente de boissons pour cette date. Autorisation que nous n’avons d’ailleurs pas donnée puisqu’on ne savait pas de quoi il en retournait. C’est finalement la veille, par les réseaux sociaux, qu’on a tout découvert.

Le lendemain, peu avant 22 heures, l’adjoint se rend personnellement sur le site de la warehouse, accompagné de la police municipale… qui bloque les accès au site.

Annulation avant rebond ?

Malgré les discussions avec Track.nar, la mairie refuse catégoriquement que la fête ait lieu puisqu’il n’y a aucune autorisation. Échaudée par un mauvais souvenir acoustique lors du passage du N.A.M.E. par chez elle il y a quelques années, la municipalité ne tient plus à accueillir ce type de soirée. “Ils avaient fait un gros travail, admet l’élu. Mais même s’ils avaient écrit au maire comme cela doit se faire pour obtenir l’autorisation, ils ne l’auraient pas obtenue“. La soirée est donc tout simplement annulée.

” Un an d’investissement, de temps, d’argent et de passion réduit à néant en l’espace de vingt minutes.“, résume Track.nar dans son communiqué du 15 mai. “On a été naïfs de penser que tout notre travail administratif en amont suffirait au bon déroulé de la soirée, mais on en assume la responsabilité, confie l’un des membres de Track.nar. On est étudiants et on va bosser tout l’été pour rembourser chaque participant“.

Et ensuite ? Track.nar n’abandonne pas l’idée d’offrir une warehouse aux Lillois et sont prêts à rebondir.

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