La pratique a beau être illégale, l’urbex compte de plus en plus d’adeptes et Lille est beaucoup trop belle pour y échapper. Férus d’histoire, amateurs de graff, photographes ou simples amoureux de leur ville, les “explorateurs urbains” qu’on a rencontrés ont plus le profil de passionnés que de délinquants.

Quand on organise une rencontre urbex, les noms de codes sont de vigueur. Dans la bande de Yéti-Yétu, on a donc Yéti, le chef de file, Cétacé, Catsbee, Groot, Peach, MumDragon et Didier Bourdon (+1 pour la créativité). Et non, ce ne sont pas des adolescents en quête d’interdit mais bien une bande potes entre 25 et 45 ans (juré, on les a vus de nos propres mirettes) qui ont chopé le virus de l’urbex il y a seulement quelques mois.

Moi je viens de la campagne et quand j’arrive en ville, je vois juste un immense terrain de jeu“, confie Yéti. Pour Cétacé le citadin Lillois, c’est surtout une manière de redécouvrir la ville qu’il aime autrement. “Depuis que je me suis mis à l’urbex, je fais plus attention aux bâtiments qui m’entourent, je prend le temps de regarder : c’est plus que stimulant intellectuellement !

@Yéti-Yétu

Ça tombe bien, la métropole lillloise regorge de spots pour les férus d’exploration urbaine. Ancienne imprimerie, usine désaffectée, maison abandonnée… Mais attention, aux idées reçues : en urbex, on ne rentre pas comme ça dans un bâtiment comme si c’était chez mémé. Et oui, il y a des règles à respecteret la première de toutes, c’est de ne commettre aucune effraction, explique Yéti.  Avant chaque session, on fait un repérage et s’il n’y a aucune manière d’entrer sans casser ou forcer, on abandonne l’idée“.

@Yéti-Yétu

Et une fois rentrés, le but des explorateurs, c’est de découvrir (en tout sécurité), admirer les potentiels graffs et “ressentir la petite décharge d’adrénaline à chaque fois qu’on est le premier à ouvrir une porte“. Aucune trace de leur passage ne doit rester hormis un graff  (mais seulement pour ceux qui ont hérité du talent, faut pas non plus déconner).

Alors forcément, malgré leurs noms de code et leurs masques, les urbexeurs ont parfois un peu de mal à comprendre en quoi ce qu’ils font peut être répréhensible. “C’est aussi pour ça qu’on continue : on est des amoureux de la ville“. Dans la bande de YétiYétu, on fait quand même en sorte d’avoir toujours sa carte d’identité sur soi, just in case, mais aussi son portable chargé, une lampe de torche et un côté solidaire à tout épreuve.

Bon, nous on a pas testé, mais on vit leurs sessions par procuration via Instagram et on vous conseille aussi Urbex Zultim qui fait des photos juste “wahou”.