En mai dernier, on a appris par La Voix du Nord que l’asso Avenir de la langue française (ALF) avait saisi la justice en 2015 contre l’université Lille 1 pour des cursus dispensés entièrement en anglais. Le tribunal administratif de Lille vient de rejeter la requête de l’asso et chez Vozer, on a dit “Whew !” et “Bravo !”.

First, qu’on ne se méprenne pas, chez Vozer on A-DO-RE la langue française. C’est d’ailleurs une fan inconditionnelle de Bernard Pivot qui vous écrit (si c’est pas une preuve de bonne foi ça…) et je suis la première à avoir les oreilles qui saignent quand j’entends un “on buvra demain aussi” à une terrasse de bar. Sauf qu’aimer et défendre la langue française, ça ne veut pas nécessairement dire renier toutes les autres. J’adore le bœuf bourguignon de ma mère et ça ne m’empêche de manger thaï trois fois par semaine.

 

Secundo, si le latin est une langue dite “morte”, le français est toujours considéré comme une langue “vivante” aux dernières nouvelles. Ça signifie donc qu’elle évolue tout le temps en se nourrissant de plein d’autres langues et cultures. Et tant mieux, ça fait du vocab’ en plus. Imaginez un monde où le français est figé au temps de Godefroy de Montmirail et qui interdit les mots venus d’ailleurs. Dites adieu aux mots brunch, juke-box, alcool, hammam, nouba, fiesta, pizza, chocolat, vodka ou encore bistro.

Surtout que les autres langues aussi nous empruntent des trucs, et les Anglais ne sont pas les derniers : cul-de-sac, rendez-vous, déjà-vu et de plus sympas comme apéritif, digestif, goutte et même bon-vivant.

Dritte, je suis de la génération qui a la grosse bougeotte. Depuis que j’ai l’âge légal pour boire pour voyager sans mes parents, je me suis baladée dans pas mal coins. Et j’avais beau avoir décroché un 17 au bac anglais quelques semaines plus tôt, autant vous dire que mon premier trip n’a été qu’une looooooooooongue succession de “What ?” et de “Sorry but I’m French“.

Bref, y’avait intérêt à ce que la fac règle vite ce problème pour mes prochaines vacances.

Sauf qu’à mon époque (#old), des cours full english, ça n’existait pas et ça m’aurait été plus qu’utile, autant pour ma vie pro que pour ma vie perso. Alors, désolée l’ALF, mais il faut laisser la langue française grandir et évoluer. On sait que c’est dur, mais comme disent les British : “C’est la vie !

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