Photo @LucasTakerkart

A Lille comme ailleurs, il y a du graff. On le voit de partout, du tag aux inscriptions en passant par du figuratif. Et bien sachez que cette communauté très secrète répond à des codes bien précis, a une identité très forte et une éthique particulière. Le documentaire “Géograffiti”, que Lucas Takerkart est en train de fignoler, décrit tout ça par le menu. 

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Vous savez faire la différence entre graffiti et street-art ? “Les street-artists utilisent la rue pour se faire connaitre et en sortir. Les vandales… Ils vandalisent.” Lucas Takerkart, coordinateur chez Cultur’all, est sur le point de terminer de réaliser le film documentaire “Géograffiti”, après avoir passé plus de trois ans à suivre les graffeurs, vandales ou non, de la métropole lilloise. “Pour mon master en géographie culturelle, j’ai fait mon mémoire sur le positionnement des graffitis dans la ville. C’était en 2007.” Un mémoire qu’il n’écrit pas mais filme, à Amiens, Paris et Lisbonne. Mais le graffiti n’est pas qu’un intérêt académique pour lui. “Je suis entré dedans par des amis qui en faisaient, et c’est devenu une vraie passion.Photo @LucasTakerkart

Au fil des années, il rencontre du monde, se fait connaître. Un avantage lorsqu’il décide de filmer les graffeurs en pleine action. Des heures de tournage, des interviews visage et voix masqués, des promenades de santé dans des friches, des terrains, sur des ponts d’autoroute et des voies rapides, et “Géograffiti” a commencé à prendre forme. “Ce que je voulais montrer, c’est les différents parcours : les vandales, ceux qui font de la friche ou du terrain, et ceux qui ont fini par en faire leur métier.

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C’est comme ça qu’on fait la connaissance de San Momo, qui raconte comment cet habitant de Saint-Maurice-Pellevoisin (“haaaaaan, ça vient de là, San Momo”) en est venu, avec des potes d’enfance, à monter sur les toits pour y laisser son nom. Ou avec Opoil, qui “dessine toute la journée, et va dans des friches le weekend“. Dans ce documentaire, on voit en live ceux qui laissent leur trace dans la ville, cette trace que tout le monde voit, du vandale qui, en dix secondes, a laissé un lettrage sur un arrêt de bus à celui qui utilise de l’acide pour rester indélébile en passant par ceux qui avancent désormais à visage découvert.

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N’importe quel habitant de Lille est déjà passé devant le fameux “Teke it easy” peint sur un pont du périph’ par l’Internationale Perchiste. Tout le monde a déjà croisé un poisson sur sa route. Il suffit d’aller à Lille Europe pour marcher sur le travail du collectif Doctor Colors. “Ce sont les jardiniers de notre paysage urbain“, philosophe Lucas. Et ça fait du bien, le temps d’un documentaire, de les voir à l’oeuvre.

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On vous conseille de suivre la page Facebook Géograffiti histoire de savoir quand le film sera diffusé. Enfin, de toute façon, on vous tiendra au courant, bien sûr.