Cette semaine, Clet Abraham, le street-artiste breton qui pimpe les panneaux de signalisation, était à Lille pour la première fois. Il en a profité pour détourner de manière poétique une cinquantaine de panneaux de la ville. 

En rentrant hier soir par République, vous êtes peut-être tombé sur ce sens interdit qui a fleuri en à peine une nuit. Si, au réveil ce matin, vous vous demandiez si vous l’aviez rêvé, promis, ce n’est pas le cas. La preuve, sur le panneau d’à côté, il y avait un homme en pictogramme qui venait de se faire choper à la taille par un autre sens interdit.

Simple, poétique et un brin provocateur, c’est tout l’art du détournement de la signalétique urbaine de Clet Abraham. Il a déjà laissé sa trace à Paris, Brest, Bordeaux mais aussi Bruxelles, Rome, Londres ou encore New York. On commençait limite a être jaloux.

Mais heureusement pour nous, pour sa première dans la capitale des Flandres, l’artiste était venu préparé. Arrivé mercredi, il a pris le temps de quelques soirées pour aller détourner les panneaux dans la ville en montant sur un vélo.

Photo @Zacharie Bodson

Je me suis régalé. Il y a une richesse architecturale qui mêle ancien et modernité que j’adore ici. J’ai beaucoup traîné vers les Beaux-Arts et dans le Vieux-Lille avec une mention toute spéciale pour l’église de la Treille”.

Clet Abraham

Photo @Zacharie Bodson

Pour ce qui est de l’ambiance à la lilloise, il n’a pas été déçu non plus. “Il y a la légende de Lille qui veut que la ville soit ouverte et accueillante. Et ça n’a pas manqué.” Surtout que les street-artistes du coin, comme Zacharie Bodson, ont très vite remarqué qu’il était dans les parages. Le Lillois a réussi à contacter Clet Abraham avant son départ et en a profité pour boire un verre avec lui, lui faire découvrir le street-art lillois… et l’aider dans ses détournements poétiques. (Tant qu’à faire.)

Au total, Clet Abraham a laissé pas moins d’une cinquantaine de détournements à travers la ville qu’il espère voir perdurer. Oui, parce que malgré la beauté de la chose c’est quand même pas très légal. Certaines villes laissent vivre les oeuvres de Clet et l’appellent même pour qu’il revienne, d’autres les effacent tout simplement. Nous on croise les doigts pour voir notre sens interdit fleuri au coin de la rue de Valmy encore un bon moment.

Pour les trouver, il faut traîner et (ouvrir l’oeil) dans la rue Esquermoise, autour des Beaux-Arts, de Sébastopol ou encore dans la rue nationale.