Alors voilà l’histoire. C’est la Coupe du Monde. Les gens regardent les matchs. Et parfois, quand ça leur dit, boivent de la bière. Parfois, ils boivent de la Fière, brassée au Pays Flamand (d’où sort l’Anosteké, accessoirement). Il y a quelques semaines, l’association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) découvre la Fière, et croit qu’elle a été créée pour le mondial. Ce qui est une entorse à la loi Evin. 

Mais si, la loi Evin, vous savez. Cette loi qui fait que la clope est interdite dans les lieux publics fermés, que la publicité concernant l’alcool est ultra réglementée… “La loi stipule aussi qu’on ne peut pas associer l’alcool au sport et aux enfants“, complète Matthieu Lesenne, l’un des patrons de la Brasserie du pays Flamand. Très bien, il y a une logique là dedans.

Vous voyez le logo de la bière La Fière ? C’est un coq blanc sur fond bleu. L’ANPAA a trouvé que ça ressemblait quand même vachement au logo de l’équipe de France de football. Et y a donc vu une association illégale entre sport et alcool. “En fait, l’association, qui veille à faire respecter la loi Evin, a proposé aux gens, dans une newsletter, de prendre des photos de marques qui ne respectent pas la règle et de les poster sur Flikr.” Et la Fière s’est retrouvée sur le réseau social, bien sûr. D’où le rire jaune de Matthieu : “J’ai été fliqué sur Flickr.

Le problème, c’est que le logo de la Fière n’a strictement aucun rapport avec le football. Mais alors rien du tout. “Elle a été créée il y a deux ans et demi, et c’était une collaboration avec le Gallodrome.” L’enseigne spécialisée dans la vente de tee-shirts rendant hommage au Nord avec humour souhaitait à l’époque associer la fierté du Nord à l’un de ses produits les plus emblématiques. “Le coq est un symbole du Nord, tout comme les gallodromes. C’était un lieu de rencontre populaire, c’est typique et historique.” Matthieu reconnait la confusion possible avec le coq de l’équipe de France, bien sûr. Mais n’allait pas non plus changer le logo de sa bière pour le mondial.

 

Pour le moment, l’ANPAA n’a intenté aucune action en justice à l’encontre de la Fière. “Ce que je redoute, c’est de devoir me justifier. Je ne pense pas qu’un juge ne comprenne pas la situation. Mais c’est du temps de perdu, il faut que je prenne un avocat…” Le cocktail parfait pour faire un brasseur en colère. “Il faut arrêter, ça va un peu loin comme ambiance. On a une démarche en faveur de la consommation responsable. On se dit que si on fait de la bière de qualité, les gens ne vont pas en boire des pintes et des pintes.