L’expo choc “Tu portais quoi, ce jour là ?” va faire le tour des campus universitaires lillois

Dans La Fac, Lille
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Ne la loupez pas. De toute façon, si vous êtes étu­di­ant à l’U­ni­ver­sité de Lille, elle vien­dra à vous. L’ex­po qui a fait beau­coup de bruit lors de sa pre­mière au Kansas débar­que le 7 mars à Lille, en mode itinérant. Sujet traité : ce que les vic­times por­taient lorsque elles ont été vio­lées ou sex­uelle­ment agressées. 

Par les temps qui courent, c’est le genre d’ex­po­si­tion qui ne peut faire que du bien. Pas d’oeu­vre d’art, pas de sculp­tures, pas de pein­tures, mais tout sim­ple­ment 16 tenues de vic­times d’a­gres­sion sex­uelle ou de viol. “Ce ne sont pas les tenues exactes qu’elles et il por­taient au moment du viol puisque ce sont des pièces à con­vic­tion sous scel­lée, détaille San­drine Rousseau, vice prési­dente de l’u­ni­ver­sité et à l’o­rig­ine de la venue en France de l’ex­po­si­tion. Ce sont des recon­sti­tu­tions basées sur les témoignages.” A côté de chaque tenue, un court texte qui explique le con­texte. “En quelques phras­es, les vic­times décrivent le moment et ce qu’elles por­taient.

Visuelle­ment, c’est sim­ple et per­cu­tant. Un jean, un tee-shirt, des fringues de sport, un haut tout bête, un short. Des habits d’une fla­grante banal­ité.L’idée est de faire tomber les préjugés sur les tenues des vic­times, et d’ar­rêter de tou­jours faire porter la faute par elles.” C’est un peu fou, de devoir rap­pel­er que per­son­ne ne souhaite se faire vio­l­er, non ? Mais apparem­ment, c’est néces­saire.

L’ex­po­si­tion va tourn­er pen­dant un mois et demi, et l’idée est de provo­quer le débat, pour­suit San­drine Rousseau. J’ai voulu que l’ex­po­si­tion soit instal­lée dans des lieux de très grand pas­sage étu­di­ant, pour que les gens ne puis­sent pas l’ig­nor­er.” Ils ne seront pas oblig­és de s’im­merg­er dans l’ex­po, mais au moins, ils la ver­ront.

On ne peut pas faire que du curatif, il faut aus­si faire du préven­tif, et par­fois de manière un peu frontale. Cette expo­si­tion, c’est un choc, on n’en sort pas indif­férent. Il faut remuer les con­sciences.

L’exposition sera donc itinérante du 7 mars au 27 avril

- 7 au 15 mars : Cam­pus cité sci­en­tifique, LILLIAD Learn­ing cen­ter Inno­va­tion (Vil­leneuve-d’Ascq)
— 17 au 23 mars : Cam­pus IMMD-LEA (651 avenue des Nations Unies, Roubaix)
— 27 mars au 3 avril : Fac­ulté de droit (1 Place Déliot, Lille)
— 5 au 12 avril : Fac­ulté de médecine (1 Place Ver­dun, Lille)
— 16 au 20 avril : siège de l’Université de Lille (42 rue Paul Duez, Lille)
— 23 au 27 avril : Cam­pus Pont-de-Bois, bib­lio­thèque uni­ver­si­taire (Villeneuve‑d’Ascq)

Elle s’in­scrit dans le cadre de la célébra­tion de la journée inter­na­tionale du droit des femmes. D’autres événe­ments vont émailler les deux prochains mois sur les dif­férents sites de l’u­ni­ver­sité. Tout le pro­gramme se trou­ve sur son site.

Des référents pendant les soirées étudiantes

Sinon, l’u­ni­ver­sité a instal­lé une cel­lule de lutte con­tre les vio­lences sex­uelles et est en train d’im­pos­er la for­ma­tion de genre de “référents vio­lences sex­uelles” pour les soirées étu­di­antes. “L’idée, pour San­drine Rousseau, est que les mem­bres des bureaux des asso­ci­a­tions étu­di­antes qui organ­isent des soirées soient for­més pour faire face à des sit­u­a­tions de vio­lence. Il faut que les vic­times lors d’une soirée puis­sent aller les voir et qu’ils sachent quoi faire.”  Objec­tif : que les agresseurs soient virés rapi­dos de la soirée, que des sanc­tions puis­sent rapi­de­ment être pris­es con­tre eux, et que le nom­bre de vic­times dimin­ue. “Luni­ver­sité est un lieu d’é­d­u­ca­tion, ces com­porte­ments n’y ont pas leur place. Il faut que ce soit un lieu safe et secure pour les femmes.