Opéra place du théâtre : Nabucco expliqué aux néophytes qui veulent se la raconter

Dans Lille

Place de l'opera lors de la diffusion en direct de Carmen. Photo d'archives PHILIPPE PAUCHET LA VOIX DU NORD

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@Photo Phi­lippe Pau­chet / La Voix du Nord 

Ce same­di, sur la place du Théâtre, un écran géant va être ins­tal­lé et aux envi­rons de 18 heures, en direct live, vous pour­rez mater l’o­pé­ra Nabuc­co de Ver­di, alors même qu’il se joue à l’in­té­rieur de l’o­pé­ra de Lille. Chaque année, l’é­vé­ne­ment rameute les foules, même quand il drache à mort. Pour vous aider à y biter quelque chose, on va essayer de vous expli­quer l’his­toire de Nabuc­co. 

Pour com­men­cer, ça se passe à Jéru­sa­lem, où les Hébreux vivent pépères. Le pro­blème, c’est que sur le trône de Baby­lone (le très ancien nom de Bad­gad, pour vous situer) siège le ter­rible Nabucco(donosor, en ver­sion longue). Entre les deux villes, c’est la guerre. Du côté des Hébreux, le lea­der s’ap­pelle Zac­ca­ria, et il est grand prêtre de pro­fes­sion. Voi­là, c’est en gros le contexte du pre­mier acte. C’est le brin.

Nabuc­co a deux filles : Fene­na et Abi­gaïlle. Les deux sont amou­reuses du même mec : Ismaël, neveu du roi des Hébreux. Mais Ismaël, il n’aime que Fene­na. Donc Abi­gaïlle est légè­re­ment dégou­tée de base. Et Fene­na, c’est pas de chance, s’est fait enle­ver par le grand prêtre Zac­ca­ria. Ismaël, bien sûr, va tout faire pour la libé­rer, même si, au pas­sage, il tra­hit son camp. Bon, pour vous la faire courte, à la fin du pre­mier acte, Nabuc­co est entré dans Jéru­sa­lem avec son armée, du coup Zac­ca­ria a mena­cé de tuer Fene­na mais Ismaël l’en a empê­ché. Nabuc­co gagne donc le pre­mier round.

Du coup, tout le monde part à Baby­lone pour le deuxième acte. Là, Abi­gaïlle (la deuxième fille de Nabuc­co, un peu aigrie, vous sui­vez?) découvre qu’en fait, elle n’est qu’une esclave adop­tée par le roi. Elle est de ce fait encore un peu plus vénère et com­mence légè­re­ment à être saou­lée par son père, qu’on croit mort depuis la bataille de Jéru­sa­lem. Il se passe beau­coup de choses dans cet acte : les Hébreux mau­dissent Ismaël pour sa tra­hi­son, Fene­na est régente de Baby­lone et s’est conver­tie au judaïsme, mais Abi­gaïlle essaie de lui arra­cher la cou­ronne.

Lorsque, sou­dain, tout à coup, Nabuc­co débarque. Il n’é­tait pas mort, en fait. Il reprend la cou­ronne, jure de tuer envi­ron tout le monde, mais Yah­vé le fou­droie. Sans décon­ner, Dieu lui envoie un coup de foudre sur la tête. Nabuc­co en sort légè­re­ment son­né, ce qui laisse le temps à Abi­gaïlle de prendre la cou­ronne et le pou­voir au pas­sage. Hop, comme ça.

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Allez, troi­sième acte. Abi­gaïlle est donc la cheffe de Baby­lone, et elle est tou­jours autant pas contente. Elle ordonne donc de tuer tous les Hébreux, y com­pris sa sœur Fene­na, qui prend cher depuis le début, quand même. Nabuc­co la sup­plie d’é­par­gner tout le monde, mais elle ne veut rien entendre, lui balan­çant au visage le fait qu’elle est née esclave et qu’elle ne lui doit rien. Ce qui n’est tout de même pas com­plè­te­ment vrai. Pen­dant ce temps, les Hébreux pri­son­niers balisent un brin en atten­dant leur exé­cu­tion. Le grand prêtre Zac­ca­ria pré­dit que Baby­lone sera anéan­tie. Bonne ambiance.

Qua­trième et der­nier acte. C’est le moment de pas­ser à l’exé­cu­tion de tout ce beau monde. Nabuc­co flippe de voir sa fille Fene­na mou­rir et se met à prier le dieu des Juifs. Et hop ! Un de ses lieu­te­nants vient le libé­rer. Avec quelques sol­dats qui lui sont res­tés fidèles, il inter­rompt la fête de mise à mort géné­rale en fai­sant tom­ber la sta­tue de Belos, le dieu de Baby­lone, rien qu’a­vec son esprit. Tout le monde crie au miracle. Les Hébreux sont libé­rés et cette garce d’A­bi­gaïlle s’est empoi­son­née parce qu’elle sait bien qu’elle est vain­cue. Et Nabuc­co se conver­tit. Fin de l’his­toire, ce n’est donc pas une tra­gé­die vu que seule la méchante cane.

Voi­là, vous pour­rez donc, grâce à ce très long résu­mé, arri­ver place du Théâtre en boss de l’o­pé­ra ita­lien. Vous vou­lez vous la racler encore un peu plus ? Ver­di a com­po­sé Nabuc­co comme une méta­phore : les Hébreux, c’est les Ita­liens. Les Baby­lo­niens, ce sont les Autri­chiens, qui oppressent, dans les envi­rons de 1840, les Ita­liens. Allez, bon show à l’i­ta­lienne.