Le CHU de Lille lance un appel au don de sperme

Dans Lille
Scroll par là

Chaque année, une centaine de couples stériles viennent toquer à la porte du CHU de Lille pour tenter de recevoir un don de spermatozoïdes, souvent leur dernier recours pour devenir parents. Sauf que l’attente est longue, faute de dons suffisants. Messieurs, on vous refait juste un petit topo, sans pression, juste au cas où vous seriez “à ça” d’y aller. 

  • Qui peut donner ?

Vous êtes peut-être tombé sur cette affiche dans les toilettes des bars ces dernières semaines : un appel est lancé en mode Batman à Gotham City dans le ciel lillois. Sauf qu’au lieu d’y voir une chauve souris (on vous rassure vous n’aviez pas trop bu), c’est bien un spermatozoïde qui est projeté. 

Cette campagne, c’est le Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humainsaka le Cecos de Lille, qui l’a lancée depuis 2015. Une année très importante dans l’histoire du don de sperme puisqu’avant cette date, seuls les hommes déjà père de famille avaient la possibilité de donner.

Aujourd’hui, tout homme âgé entre 18 et 45 ans peut être donneur, peu importe qu’il soit père, célibataire, homosexuel, hétérosexuel, qu’il veuille une famille de 6 enfants ou ne jamais en avoir. Et même si depuis le changement de la loi, le nombre de donneurs a doublé à Lille, en 2017, seuls 70 hommes ont franchi le seuil du Cecos.

  • Comment ça se passe ?

En réalité, sur les fameux 70 donneurs qui sont passés au Cecos, 30% d’entre eux n’ont finalement pas fait de don. Pourquoi ? Parce que lors de votre première fois là-bas, vous êtes non pas face à un magazine mais avec un psychologue qui va s’assurer que vous êtes prêt pour un tel don.

Lors de votre second date avec le Cecos, vous donnez une première fois mais juste pour faire des analyses. Au troisième, toujours pas de précipitation : c’est le moment de passer la visite médicale pour parler de vos antécédents familiaux et de la prise de sang qui va checker si vous n’avez pas de MST.

Ça, c’est le récipient pour recueillir la semence. Pas besoin de le remplir, juste besoin d’atteindre les 5ml, ça suffit.

Et après, “c’est tapis rouge pour les donneurs“, annonce le Dr Ducrocq, en charge du Cecos lillois. “On est réellement aux petits soins pour eux et chacun choisi son rythme pour la prise de rendez-vous.

  • La salle de recueil

C’est l’heure du don. Pour ça, direction la salle de recueil, une pièce où vous pouvez vous enfermer à clef avec votre récipient. A l’intérieur, une chaise confortable, un lavabo et … une télé. Pas besoin de magazine, ici, c’est Marc Dorcel qui a envoyé la programmation cinématographique. Et vous ne pouvez pas faire votre affaire chez vous et ramener le petit pot, c’est obligatoirement dans l’environnement contrôlé de la salle de recueil.

C’est vous qui fixez la date des rendez-vous. La seule précaution à prendre, c’est une abstinence de 2 à 5 jours avant de venir. Un don, c’est trois à quatre recueils, et ce sont vos analyses qui déterminent le nombre de recueils nécessaires.

  •  Le cas Starbuck

Aujourd’hui, quand on pense “don de sperme“, on a tout de suite l’histoire de Starbuck en tête, ce Canadien, donneur dans sa jeunesse, qui a réussi à récolter 24 000 dollars tout en devenant le géniteur de plus de 500 enfants.

Le film a beau avoir eu sa version française, on vous rassure tout de suite : c’est impossible chez nous. Déjà parce qu’en France, le don n’est pas rémunéré* et l’anonymat est total. Mais surtout parce que le Cecos se limite à un seul don par homme. “On arrête également d’utiliser les spermatozoïdes d’un donneur lorsque 10 enfants sont déjà nés de son don, explique le Dr Ducrocq. C’est une limite qui permet de limiter au maximum le risque de consanguinité“. Car depuis 40 ans, 50 000 enfants sont nés par don de sperme en France.

Pour en savoir plus, il suffit d’appeler le Cecos au 0320446633 ou sur leur page Facebook. Et si vous vous aller sur place, le Cecos se trouve au niveau -1 du CH Calmette de Lille. 

*Seuls les frais de déplacement sont remboursés.