Les planches de “Jazz” peintes par Matisse sont exposées aux Beaux-Arts

Dans Ch'est bieau, Culturons-nous, Lille
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C’est une pièce, dans le (magni­fique) sous-sol du Palais des Beaux-Arts. Une pièce, vingt planches. Et une splen­dide débauche de cou­leurs, dont seul Hen­ri Matisse avait le secret. Vous avez jus­qu’au 14 jan­vier pour voir ces planches explo­sives. 

On se la refait. En 1947, un pote de Matisse, Tériade, édite un album appe­lé Jazz, qui regroupe des planches peintes par Riri him­self. Ça parle de cirque, des voyages de Matisse à Tahi­ti, et plus glo­ba­le­ment, ça parle cou­leur. Pétante, fla­shy à mort, tota­le­ment déli­rante de per­fec­tion. Matisse, on ne vous l’a peut être jamais dit, est le saint-patron des papiers goua­chés, le grand maître du bâton­net de pein­ture, le mani­tou de la palette. Ses yeux ne voient pas le monde comme le com­mun des mor­tels.

Du coup, quand son pote Tériade lui demande des planches pour un album qui fini­ra par s’ap­pe­ler Jazz, Matisse sort la grosse artille­rie. Plus exac­te­ment, il invente une nou­velle tech­nique qui devien­dra son blase : le papier goua­ché et décou­pé. Exemples ci-des­sous :

Pour la petite his­toire, l’al­bum Jazz a été tiré à 100 exem­plaires. Matisse a fait don de l’exem­plaire n°66 au Palais des Beaux Arts de Lille, en sou­ve­nir d’une vieille aven­ture. Plus de qua­rante ans aupa­ra­vant, en 1903, Matisse n’a pas encore l’au­ra du grand peintre, sa car­rière inter­na­tio­nale reste à venir. Il a légè­re­ment le seum, et hésite car­ré­ment à arrê­ter la pein­ture. A cette époque, il se rend à Lille, va au Palais des Beaux-Arts et tombe sur Les Jeunes et Les Vieilles de Goya. C’est devant ces pein­tures que lui vient la force de per­sé­vé­rer. Il s’en rap­pel­le­ra long­temps, puisque dans ses dédi­caces au Palais des Beaux-Arts, il y fait réfé­rence à chaque fois. Canon, hein ?

Dans la même salle d’ex­po, vous trou­ve­rez aus­si le tra­vail d’illus­tra­tion qu’il a fait sur Les Lettres d’une Reli­gieuse Por­tu­gaise et deux toiles de lin impri­mées, par­fai­te­ment canons, ins­pi­rées de ses voyages à Tahi­ti, et prê­tées par le musée Matisse du Cateau-Cam­bré­sis. Une petite expo­si­tion, mais une expo­si­tion à faire, on vous le dit comme ça.

Sinon, niveau détails tech­niques : on est sur une ouver­ture du Palais des Beaux-Arts tous les jours sauf le mar­di de 10 heures à 18 heures (19 heures le dimanche). L’en­trée est à 7 euros, 4 euros en tarif réduit mais c’est gra­tos le pre­mier dimanche de chaque moi. Il existe un site inter­net qui parle de tout ça.