Skola, la boutique éphémère d’Euralille qui forme les jeunes

Dans Lille, WorkWorkWork
Scroll par là

Depuis ce mardi, au premier étage du centre commercial Euralille, une nouvelle enseigne a ouvert ses portes : Skola. Pas la peine d’aller checker sur les internets mondiaux si c’est une nouvelle marque de fringues car Skola, c’est surtout un dispositif d’un nouveau genre qui va former douze jeunes de la région à la vente et au conseil directement en boutique. 

Ouverte depuis mardi, on peut annoncer sans spoiler que Skola vend du prêt-à-porter de cinq marques : Camaïeu , Devred, La Redoute, Kaporal et Tape à l’œil. Quand on y entre, on a l’impression d’entrer dans un concept store à la cool, avec du personnel jeune et souriant, des portants plein de fringues, une caisse… Bref tout d’une vraie boutique. 

Sauf qu’au fond, ce ne sont pas les cabines d’essayage mais… la salle de classe. Pas pour vous, rassurez-vous, mais pour les douze “skolistes” qui vont vous conseiller en boutique pour les deux prochains mois. 

Ce concept de “boutique-école” vient des Apprentis d’Auteuil, une fondation nationale qui a fait de l’insertion des jeunes sa priorité. 

En 2017, on a testé ce concept dans un centre commercial de Marseille, explique Catherine Qurin, chef du projet Skola pour les Apprentis d’Auteuil. Ça a tellement bien marché que nous en sommes déjà à la quatrième promo Skola, là-bas“.

C’est quoi en fait Skola ? Ce sont douze jeunes du coin, âgés de 19 à 29 ans, qui ont été recrutés par les Apprentis d’Auteuil. Pas pour leur C.V. étoffé mais pour leur motivation. 

” On voulait un recrutement aux profils atypiques et une formation innovante. Donc on a lancé un appel aux jeunes qui ont l’envie, le talent mais qui se retrouvent éloignés de la formation et de l’emploi pour une raison ou pour une autre.” 

Catherine Quirin. 

C’est comme ça que Djamilla, 27 ans, est devenue skoliste. La Nieppoise a la vente dans le sang mais la vie a fait qu’elle n’a pas pu valider tout son cursus. “Du coup, j’ai enchaîné les jobs dans la vente mais lors d’un recrutement, face à un C.V. sans trous, je partais souvent avec un handicap “. 

Sélectionnée parmi une centaine de candidatures déposées au tout début, Djamilla prend ses huit semaines de formation comme une remise à niveau mais surtout l’opportunité de se faire recruter directement depuis les rayons de Skola. 

Située au premier étage, Skola squatte les anciens locaux de New Cuir. 

Parce que vous vous doutez bien que vous, vous allez y acheter des fringues chez Skola, mais de potentiels recruteurs vont aussi aller jouer au client mystère pour un recrutement sur le terrain. 

Pour Euralille qui a prêté et aménagé gratos cette boutique vide de son centre commercial, c’est aussi un bon moyen de contenter ses responsables de boutiques qui ont parfois du mal à recruter. “C’est tout simplement un cercle vertueux, explique Hugo Rey, le boss d’Euralille. On prête les lieux, on donne une chance à des jeunes motivés qui seront formés ici, des responsables d’Euralille vont venir animer des atelier et vont pouvoir recruter directement ici“. Tout le monde y gagne grosso modo.

La Skola d’Euralille est la première de la région mais ne compte pas s’arrêter après la première promotion : “On espère bien évidemment que d’autres suivront, mais là on se concentre sur notre première promo“, précise Hugo Rey. 

En cours le lundi et tous les matins, en boutique et ateliers le samedi et tous les après-midis, voilà l’emploi du temps des skolistes qui ont aussi un coach rien qu’à eux et un suivi six mois après leur formation Skola.