Spoted : un homme arrache les œuvres de Pi80, au calme

Dans Dans la rue, WTF
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Tranquille, au calme, en pleine journée. Un mec décolle soigneusement les œuvres fraichement collées par PI80, l’un des plus fameux street artists de Lille, membre du collectif Renart. Et se fait filmer par Nathan, photographe de street art et ami de Daddy Pi. C’était le 13 octobre dernier, donc un samedi. Pouf, comme ça.

La scène dure vingt minutes et est assez surréaliste. Le monsieur en question est pris en flag’ en train de décoller des œuvres de Pi80, dit Daddy Pi. Il a tout l’attirail pour faire les choses bien : avec une grosse éponge, il décolle les œuvres avec prudence pour ne pas les déchirer.

Le truc, c’est qu’il fait ça en plein jour, alors qu’il y a quand même bien du passage. Et of course, il se fait repérer par Nathan, un ami de Pi80 qui passait par là, et dégaine son portable pour filmer la scène un brin navrante. 

La vidéo, publiée sur Youtube, n’est plus disponible à l’heure où l’on écrit ces lignes (on vous file quand même le lien vers Youtube au cas où ça ne serait que momentané). 

Quelques extraits de cette vidéo (actuellement hors ligne) complètement surréaliste. 

Mais ne vous inquiétez pas, on vous fait un résumé : ce brave monsieur déclare d’abord être l’artiste et être donc en droit de décoller les œuvres. Puis il reconnait qu’il n’est finalement pas l’artiste (no kidding), avant de dire qu’il veut les mettre dans son salon, puis dans la chambre de son fiston qui est avec lui. Il affirme ensuite que Mr Voul est son meilleur ami, puis dit quelques minutes plus tard que c’est une connaissance.

Puis il ouvre son coffre négligemment, ce qui nous laisse voir qu’il a tout le matos : pulvérisateur, échelle, briques pour se surélever.. Il déclare ensuite être restaurateur, exposer les œuvres dans son resto dans le Vieux-Lille. “Je le fais pas pour la valeur, je le fais pour la beauté de la chose“, affirme-t-il, avant de se faire l’avocat des street artists : Eux, ce qui les intéresse, c’est pas de les vendre, c’est de les exposer. On se permet ouvertement d’en douter, rapport à toutes les expos “legit” de street art qu’on vous annonce régulièrement, qui rémunèrent les artistes et leur permettent de payer leur loyer (comme tout le monde). Pendant ce temps là, Pi80 suit en direct le live Insta et commente régulièrement la scène. Et il est pas content : “Et ma main dans ta gueule, elle va être belle.

La loi (pas officielle, on est dans un genre de vide juridique), sur les murs des rues, est simple : les street artists exposent leurs créations pour le plaisir de tous, et acceptent l’usure du temps, le risque de destruction naturelle (genre la pluie), et les décrochages par des gens qui veulent les œuvres pour eux. C’est le jeu, c’est le risque, c’est tout. Ce qui est moins acceptable, c’est quand quelqu’un s’empare systématiquement des créations pour les revendre, et donc se faire du beurre sur le travail d’un autre, sans lui reverser quoi que ce soit. Là, c’est légèrement moins moral et respectueux.

D’ailleurs, le monde du street-art lillois n’a pas tardé à répliquer avec ses propres armes à l’image des nouveaux collages de Zacharie Bodson : 

Si vous voulez soutenir le street art à Lille, on vous conseille quelques comptes Insta qui envoient du bois : 

Et cette liste est très loin d’être exhaustive.