Happy Drêche, les Lillois qui cuisinent les résidus de bière des brasseries

Dans Bière, C'est green, Lille
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Tout est bon dans la bière ! Même les restes. Deux Lillois ont voulu le prouver en confectionnant des biscuits gourmands et sains avec les résidus des brassages dans les micro-brasseries. Si, on vous jure : ça s’appelle Happy Drêche et on vous dévoile comment ça marche. 

Si vous êtes un fin connaisseur du monde brassicole si cher à notre foie cœur, vous savez ce qu’est la drêche. Pour les autres, pas de panique, vous pouvez quand même continuer à aimer la bière, on vous explique : la drêche n’est pas un dérivé de la drache du Nord mais le nom qu’on donne aux restes après le brassage de la bière. 

On y trouve quoi dans la drêche ? Grosso modo, des céréales dont on a extrait l’amidon pour le transformer en alcool pour la bière. A la fin du brassage, seuls 10% des céréales ont été utilisés. Ce qui reste, la drêche donc, contient encore plein de fibres, des protéines et des minéraux. Dans les grosses brasseries, ce sont les agriculteurs qui viennent la récupérer pour nourrir leur bétail. 

Ça, c’est pour la campagne et les grosses entreprises. Mais vous avez dû remarquer qu’aujourd’hui, les micro-brasseries qui s’installent en ville pèsent de plus en plus dans le game. C’est en visitant l’une d’entre elles, la Lil, que Christophe et Caroline, deux Lillois qui bossent à la région, se sont demandé où allait leur drêche. 

On était là en mode touristes, entre collègues, explique Christophe. On discutait avec les micro-brasseurs qui sont des passionnés. Quand on leur a demandé ce qu’ils faisaient de leur drêche, ils étaient frustrés de nous répondre que c’était sain, bon mais qu’il n’avait pas d’autre choix que de la jeter“. Parce qu’ils n’en ont pas en grosse quantité et que leur brasserie est difficile d’accès par les agriculteurs, leur drêche n’intéresse en soi pas grand monde. “Et les micro-brasseurs n’ont pas le temps de la transformer eux-mêmes, continue Caroline. Alors qu’en plus, leur drêche est de qualité, meilleure que dans les grosses industries“. Bref, c’est du gachis.

Du zéro déchet brassicole et gourmand

Par curiosité, par attirance pour le zéro déchet et parce qu’ils s’étaient toujours dit qu’un jour, ils aimeraient bien lancer leur projet ensemble, Caroline et Christophe ont commencé à potasser le sujet et à se demander ce qu’on pourrait bien faire de cette drêche pour nous, les humains gourmands. “Des choses existent déjà aux USA et au Canada mais, étonnamment, il n’y avait rien chez nous alors qu’on n’est pas les derniers à brasser et à boire de la bière, analyse le duo. Et le problème ne va faire que s’accentuer “. 

Christophe et Caro se sont alors lancés dans l’aventure. “On voulait s’inscrire dans l’économie circulaire et dans la dynamique de Lille capitale verte.Trouver un moyen de valoriser les restes des micro-brasseries lilloises y répondait totalement“. Il y a un an, ils passent en temps partiel et commencent à tester plein de recettes dans leur cuisine à partir de la drêche récupérée chez Lil et chez le Singe Savant. “On va chercher la drêche directement là-bas, avec nos petits seaux alimentaires, dès qu’un brassin est terminé“. Ensuite, retour chez eux où ils pressent ou sèchent la drêche avant de la transformer en biscuits salés ou sucrés, en granola ou en faladrêche ! 

Non seulement c’est sain et écolo, mais ça a en plus le mérite d’être bon. Non vraiment, rien n’est à jeter dans la bière. 

Si vous voulez vous régaler de leurs produits à base de drêche, c’est tout simple : il suffit de leur faire coucou sur leur page Facebook et de leur passer commande par message privé. Christophe vient même vous livrer à vélo si vous habiter dans la métropole.