Hausse des frais d’inscription à la fac : on fait le point

Dans La Fac, Lille, Politique
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C’est la grosse annonce gou­verne­men­tale de la semaine dernière qui a fait rugir le monde uni­ver­si­taire : à la ren­trée 2019, les étu­di­ants non-rési­dents de l’UE paieront (beau­coup) plus cher leurs frais d’in­scrip­tions quand ils vien­dront étudi­er sur nos cam­pus. On vous fait un récap’ des dernière news en points boulettes pour y voir plus clair. 

  • Le con­texte 

La semaine dernière, on vous avez déjà par­lé de cette nou­velle réforme. Pour vous la faire ultra rapi­dos cette fois-ci et ne pas radot­er, on vous remet le con­texte général. La logique du gou­verne­ment est la suiv­ante : les étu­di­ants étrangers ne doivent plus venir chez nous étudi­er juste parce que c’est abor­d­able, mais parce qu’ils le veu­lent vrai­ment. Par choix, pour la for­ma­tion et non le prix. 

Il faut aus­si mieux les accueil­lir et ça demande des fonds, d’où la pour­suite de cette logique d’aug­menter leurs frais d’in­scrip­tion. Ce qui don­nera grosso modo ceci : 

Etu­di­ant rési­dent
européen
Etu­di­ant non-rési­dent
européen
Licence170€2770€
Mas­ter243€3770€
Doc­tor­at380€3770€
  • Qui est con­cerné ?

A l’U­ni­ver­sité de Lille, dif­fi­cile pour le vice-prési­dent en charge des rela­tions inter­na­tionales, François-Olivi­er Seys, de dénom­br­er pré­cisé­ment les étu­di­ants du cam­pus qui seraient con­cernés par cette réforme.

On sait que 10% des étu­di­ants de l’U­ni­ver­sité de Lille sont de nation­al­ité étrangère, soit env­i­ron 6500. Mais ici, la réforme con­cerne les non-rési­dents de l’UE ce qui n’est pas la même chose. Un étu­di­ant maro­cain dont les par­ents rési­dent en France, par exem­ple, n’est pas con­cerné par la réforme.

François-Olivi­er Seys

Il y aus­si de nom­breuses excep­tions à pren­dre en compte. La réforme ne con­cerne pas non plus les étu­di­ants non-rési­dents : 
- suiss­es et québec­quois
- qui sont en dou­ble cur­sus
- qui sont bour­siers en France ou via l’A­gence uni­ver­si­taire de la Fran­coph­o­nie (AUF pour les intimes)
- qui vien­nent d’é­coles avec accords de gra­tu­ité avec la fac française

“Selon nos esti­ma­tions, il resterait env­i­ron 5 000 étu­di­ants non-rési­dents con­cernés par la hausse des frais”, annonce François-Olivi­er Seys. 

  • Quelle est la marge de manœu­vre de l’U­ni­ver­sité ? 

Après une réu­nion d’in­for­ma­tions avec le gou­verne­ment ce jeu­di, le vice-prési­dent lil­lois est revenu avec l’as­sur­ance que l’U­ni­ver­sité aurait le droit de pra­ti­quer des exonéra­tions de frais d’in­scrip­tion et octroy­er des bours­es. Aujour­d’hui, nous somme lim­ités à 10% des étu­di­ants mais on aimerait faire remon­ter ces pla­fonds”, explique-t-il. 

Autre assur­ance don­née par le gou­verne­ment à l’U­ni­ver­sité : les frais d’in­scrip­tions seront perçus directe­ment pas la fac et non par l’E­tat. 

  • C’est quoi la suite ?

On veut rester très pru­dents. On attend désor­mais la rédac­tion du décret pour jan­vi­er 2019, explique-t-on à l’U­ni­ver­sité. Cette reforme va nous oblig­er à refon­dre entière­ment notre poli­tique inter­na­tionale”. 

Côté syn­di­cats étu­di­ants, tous ont con­damné cette hausse et une motion pro­posée par SUD Sol­idaires & Assos a d’ailleurs été adop­tée lors du dernier con­seil d’ad­min­is­tra­tion de l’U­ni­ver­sité.

Au syn­di­cat étu­di­ant, “on est fiers que cette motion soit passée et on reste opti­mistes sur le fait que les uni­ver­sités français­es rejet­tent cette réforme. Ce qui ne nous empêche pas de rester vig­i­lants”. D’où l’ap­pel à par­ticiper active­ment à la mobil­i­sa­tion de ce same­di, à 14 heures, place de l’Opéra. 

Pour l’U­ni­ver­sité, l’ap­pli­ca­tion de la réforme sem­ble pour l’in­stant inévitable. Mais on se pré­pare tout de même à créer un groupe de tra­vail, qui inclu­rait des étu­di­ants, pour réfléchir à la meilleure manière de repenser l’ac­cueil des étu­di­ants étrangers.