Happy’Vet, le véto de Cormontaigne aux tarifs solidaires

Dans Ch'est bieau, Lille
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Atten­tion, on ne vous parle pas ici de bon plan ou de low cost mais bien de soli­da­ri­té. Chez Hap­py’­Vet, on donne la pos­si­bi­li­té à Médor, Félix ou Pan­pan de se faire soi­gner même si leurs maîtres ont très peu de moyens. Com­ment ? En oubliant le clien­té­lisme et en appli­quant des tarifs soli­daires pour eux. 

Avoir un ani­mal, ça demande de l’at­ten­tion mais aus­si un bud­get. Quand on est étu­diant, par exemple, on hésite par­fois à aller voir le véto quand Félix boîte un peu, de peur d’y lais­ser son mois d’A­PL. C’est ce genre de situa­tion qui a pous­sé Karine Mas­sé à ouvrir son cabi­net vété­ri­naire aux tarifs soli­daires en 2016. 

Il y a quatre ans, j’ai fais une cou­pure dans ma car­rière de vété­ri­naire, explique-t-elle. J’ai­mais tou­jours mon métier au fond mais la façon d’exer­cer ne me conve­nait plus”. Entre les mau­vais côtés du  clien­té­lisme et la tris­tesse de ceux qui ne peuvent pas payer l’o­pé­ra­tion à leur petit com­pa­gnon, Karine ne savait sim­ple­ment plus pour­quoi elle se levait le matin. 

Il fal­lait que je trouve un autre modèle, alors j’ai brains­tor­mé pen­dant une dizaine de jours”. Une cli­nique low cost ? Non, mer­ci. Un dis­pen­saire ? Ça lui trotte dans la tête un moment. Et puis vient cette idée, toute nou­velle, de créer un cabi­net vété­ri­naire où les tarifs seraient indexés selon la situa­tion finan­cière de ceux qui fran­chi­ront la porte. Non, ça n’exis­tait pas encore. 

Le premier véto solidaire 

Il y a un peu plus de deux ans, elle ouvre à Cor­mon­taigne Hap­py’­Vet, là où ce choix cor­né­lien entre soi­gner son ani­mal ou évi­ter de finir son mois dans le rouge n’existe plus vrai­ment. Un véto soli­daire, c’est réel­le­ment ça le concept, et c’est le pre­mier en France. Ceux qui ont les moyens payent les tarifs nor­maux mais contri­buent à faire fonc­tion­ner le cabi­net. Tan­dis que ceux qui sont dans une situa­tion finan­cière pré­caire béné­fi­cient de tarifs pré­fé­ren­tiels.

Chez Hap­py’­Vet, on n’a pas la pré­ten­tion de sau­ver tous les ani­maux de la pla­nète. “For­cé­ment, ici, on n’a ni scan­ner, ni IRM. Mais on peut faire 95% des opé­ra­tions qu’on a à faire”. Et fina­le­ment, quand on y réflé­chit bien : prendre le réflexe de ne pas attendre avant d’al­ler chez le véto que Félix souffre le mar­tyr, ça évite sou­vent de grosses com­pli­ca­tions oné­reuses. 

On vous pose les grilles tari­faires juste là en sachant qu’il faut bien évi­dem­ment un jus­ti­fi­ca­tif (avis de bourse pour un étu­diant bour­sier par exemple) pour pou­voir pré­tendre aux tarifs soli­daires. 

A noter aus­si que si vous êtes sim­ple­ment étu­diant (non-bour­sier) vous ne paie­rez pas plein pot mais entre les deux tarifs. Et que si vous êtes un jeune actif avec salaire, vous pou­vez y aller aus­si pour faire soi­gner vos ani­maux cor­rec­te­ment tout en par­ti­ci­pant au bon fonc­tion­ne­ment de Hap­py’­Vet.

Et ça marche

A ceux qui se pose­raient la ques­tion : oui, le cabi­net d’un véto soli­daire est finan­ciè­re­ment viable. Dans leur petit local de la rue des sta­tions, Karine, Sophie et Cla­ra, les deux assis­tantes véto, savent bien qu’elles ne rou­le­ront jamais en Porsche. “Le but n’est pas de faire du béné­fice à tout prix. Mais on se paye un salaire et, sur­tout, je sais pour­quoi je me lève le matin”, résume Karine Mas­sé. 

D’ailleurs, si vous êtes véto, vous pou­vez rejoindre cette joyeuse équipe. Le car­net de ren­dez-vous est bien évi­dem­ment sou­vent plein. Preuve que Hap­py’­Vet répond à une demande et qu’il y a plein de petites boules de poils qui n’at­tendent que vos bons soins. 

Hap­py’­Vet est ouvert les lun­di, mar­di, jeu­di et ven­dre­di, de 9 heures à 17 heures. Il suf­fit de prendre le métro jus­qu’à Cor­mon­taigne, de mar­cher à peine 5 min jus­qu’au 177 bis rue de sta­tions, et vous y êtes.