L’air du métro lillois est plus pollué que celui de l’extérieur

Dans Lille, Transport
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Les chercheurs de l’Université de Lille ont eu l’idée d’aller analyser l’air que l’on respire dans le métro lillois. Et les résultats ont de quoi faire tousser. Selon eux, les concentrations en particules fines sont les mêmes que celles des jours de pic de pollution dehors. 

Respirer un air plus pollué quand on opte pour les transports en commun, c’est comme qui dirait un comble. Pourtant, selon des chercheurs de l’Université de Lille, c’est exactement ce qui se passe dans les rames des deux lignes de métro à Lille.

Interrogés par France Bleu Nord, les chercheurs avouent avoir eux-mêmes été surpris de ces résultats qu’ils ont découverts un peu par hasard : “Pour nos travaux, on se promenait à Lille ou sur le campus avec des capteurs qui mesurent la concentration de particules dans l’air. Le métro faisait donc partie de notre trajet. Et c’est là que nous avons repéré les concentrations les plus grandes”, explique l’un des enseignants-chercheurs à France Bleu. ,

À la station Lille-Flandres par exemple, le taux de particules fines mesuré est en moyenne de 60 microgrammes par mètre cube d’air. Alors que l’Office Mondial de la Santé (OMS) a positionné son seuil à 50 microgrammes par mètre cube. Et les taux relevés sur la ligne 1 varient de 10… à 160 microgrammes, d’après eux. Si ces taux étaient relevés à l’air libre, “l’Etat demanderait aux personnes sensibles comme les asthmatiques d’éviter de faire du sport ou des activités intenses”, analyse une autre chercheuse sur France Bleu. Bref, il y aurait des dispositions prises pour faire descendre ce pic de pollution. 

Sauf que dans le métro, c’est plus compliqué. Les chercheurs de cette étude ont tenté de trouver la cause de tels taux de particules fines. Selon eux, ils seraient dus au confinement qui entraîne une mauvaise circulation de l’air dans les rames, les tunnels et les stations. Les autres villes dotées d’un métro ne sont pas forcément mieux logées en la matière que Lille. Mais les chercheurs lillois pensent qu’il existe des moyens pour améliorer cette situation. 

Toujours selon France Bleu, ils ont alerté la MEL et Transpole dès mai 2017 et veulent approfondir leurs analyses pour évaluer la dangerosité de ses taux de particules plutôt alarmants. Mais il n’y aurait pas encore eu de réponse pour l’instant.