Pierre-Antoine Baele, le Villeneuvois qui rêve de Paris 2024

Dans Lille, Mon P'tit Vélo, Sueur, Transport
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Médaillé de bronze au dernier championnat de France de paratriathlon, Pierre-Antoine Baele, est à la fois athlète de haut niveau et agent d’intervention métro chez Ilévia. Équipé de sa lame de course en carbone, il n’a qu’un objectif en tête, les Jeux Paralympiques 2024 de Paris.

Né avec une agénésie au pied gauche, “P.-A.” est un mordu de sport depuis toujours. Dans un premier temps basketteur, il s’est vite mis au judo. “À cause de mon handicap, j’ai subi beaucoup de moquerie à l’école, le sport a été un échappatoire pour moi”. Les tatamis deviendront pour lui un refuge où il apprendra la maîtrise de soit et où on lui inculquera des valeurs qui sont encore les siennes aujourd’hui à 27 ans.

Pour ses études, Pierre-Antoine décide de mettre temporairement de côté le sport. Ce n’est que lorsqu’il débute sa licence pro que l’idée de s’inscrire dans un club d’athlétisme le titille. Ça tombe bien à Villeneuve-d’Ascq il existe un club qui possède une session handisport. La découverte du monde handisport a été pour lui un tournant dans sa vie : “Avant j’étais toujours avec des athlètes valides, je voyais bien que ma différence posait un peu problème. Le fait de me retrouver avec des athlètes handisport avec qui on se chambre sur nos handicaps et on pratique du sport tous ensemble m’a permis d’accepter mon handicap pleinement. J’ai enfin pu me balader en short sans me soucier du regard des autres”.

Encore quelques foulées avant de décrocher une médaille

Son parcours se poursuit dans le club de triathlon de Villeneuve d’Ascq. Un stage de détection à Cannes va être un événement marquant dans sa reconversion : “J’ai été à ce stage pour avoir des renseignements. Lors de ce stage j’ai rencontré Alexis Hanquinquant, un athlète amputé hors-norme (champion du Monde, champion d’Europe et champion de France). Alexis était très abordable et sympathique, il a pu répondre à toutes mes questions”. Avec ces précieux conseils, Pierre-Antoine commence à s’entraîner dur, très dur. Neuf heures par semaine sans compter la préparation mentale et sa nutrition qui doit être irréprochable. “C’est un sport très chronophage”. Quelques mois plus tard, après de belles performances lors de compétitions, la consécration arrive.

Repéré par le directeur technique de la fédération handisport Nicolas Becker, le paratriathlète porte pour la première fois de sa vie le maillot de l’équipe de France en participant à une manche de coupe du monde avec la Team France : “C’était un rêve depuis tout petit, c’était très intense, ça pousse à toujours aller plus loin.”

En septembre dernier, lors du championnat de France qui se déroulait à Gravelines, il décroche la médaille de bronze à la maison au terme de sa course la plus aboutie. Malgré une fracture du fémur due à une chute en vélo, sa détermination pour les Jeux reste intacte. Pour lui, les Jeux Paralympiques de Paris 2024 peuvent être le moyen de populariser le handisport : “En France, on a beaucoup de retard sur la médiatisation des Jeux paralympiques. Dans d’autres pays comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni on accorde beaucoup plus d’importances à des athlètes handisport. Paris 2024 est pour moi un rendez-vous à ne pas rater. J’aimerais qu’un jour, les athlètes handisport soient autant médiatisés que les athlètes valides”.

On vous dira, bien sûr, s’il est sélectionné.