[Flashback] Roubaix, South Dakota : quand un riche cow-boy avait la nostalgie de son Nord

Dans Ch'est bieau, Lille, Voyage Voyage
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Découvert parfaitement, mais alors parfaitement par hasard : Roubaix, Hauts-de-France, a une cousine américaine. Tout ça grâce à un Roubaisien parti vivre le rêve américain au XIXe siècle, et qui a eu l’occasion de nommer une ville comme il le voulait. Logiquement, il a choisi Roubaix.

Au départ, on voulait juste vous faire un article sur le fait amusant que Roubaix est aussi une réalité pour les habitants du Dakota du Sud. Mais en y regardant de plus près, on a eu plus envie de vous raconter l’histoire qui se cache derrière. Parce que Pierre Wibaux, son fondateur, a eu une vie totalement dingue.

Voilà, ça commence comme ça : en 1858 naît Pierre, fils d’Achille Wibaux, riche industriel textile dans le quartier de la Fosse Aux Chênes, à Roubaix, en France. Le rejeton est supposé prendre la relève du paternel dans l’industrie textile tout à fait florissante. Il se forme d’ailleurs à ça pendant toute sa jeunesse. Après avoir fait l’armée dans le régiment des Dragons, Pierre part en Angleterre pour en apprendre plus sur leur industrie textile. Il y reste deux ans, et en apprend beaucoup sur les promesses des Etats-Unis, leurs terres sans fin, tout ça. De retour en France, il arrive, non sans mal, à convaincre son père de le laisser partir.

Et voilà donc qu’en 1883, il embarque pour les Etats-Unis, 10 000 dollars en poche et une grosse, grosse envie de faire fortune. A Chicago, il se laisse convaincre d’aller s’installer à Beaver Creek, dans le Montana parce qu’à ce qu’il parait, il y a du biz’ a faire là-bas. Il achète ses bovins, et fait en sorte que la fortune arrive. Quatre ans passent, et la fortune est un no-show. Il a cramé ses 10 000 balles, et ne vit pas largement. Et pour couronner le tout, l’hiver 1887 est une grosse saloperie qui tue une bonne partie de son bétail, comme celles de ses voisins. Mais Pierre a de la suite dans les idées.

Il part du principe que les bêtes qui ont survécu sont génétiquement plus résistantes, et décide alors d’acheter toutes celles de ses voisins qui ont, elles-aussi, survécu. Dans le genre intuition, il se pose là : en quelques années, il est à la tête du plus grand cheptel de l’histoire, avec plus de 60 000 bêtes rien qu’à lui.

En plus d’être un cow-boy au taquet, Pierre a le sens des affaires. Il devient big boss de deux banques : Miles City, et Forsythe. Il est aussi patron d’une mine d’or dans le Dakota du Sud. Et c’est là qu’on voulait en venir : au départ, comme le coin n’est pas non plus hyper accueillant, il n’y a que la mine. Mais les gens qui y travaillent s’installent dans un village construit pour l’occasion. Il s’appelle d’abord Lewisville, puis Perry. Mais ça s’était avant que le french cow-boy ne s’en empare.Et comme Pierre n’a pas oublié d’où il venait, il renomme ce village… Roubaix.

Aujourd’hui, c’est une ville fantôme perdue au milieu des montagnes du Dakota. La mine a fermé en 1905 après un éboulement. Mais on a checké, vous pouvez y louer un chalet sur AirBnB. Et pour finir l’histoire de Pierre Wibaux, le cow-boy roubaisien, il meurt un peu soudainement à Chicago en 1913. Il avait 55 ans. Sa femme et son fils rentrent à Paris, et son empire disparaît avec lui. Seules restent deux villes reliées à lui aux Etats-Unis : Roubaix, South Dakota, et Wibaux, Montana, où il a élu domicile en 1883.

Pour cet article, on a fait confiance aux articles de La Voix du Nord sur le sujet ( et ), et à Wikipédia, un peu.