Comment ça vrac : la nouvelle épicerie locale, bio et à vélo

Dans C'est green, Ch'est bieau, Lille

©Comment ça vrac

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Con­som­mer en mode loca­vore, bio et en vrac, c’est chou­ette pour la planète et la san­té, mais ce n’est claire­ment pas à la portée de toutes les bours­es et de toutes les gam­bettes. C’est une forme d’in­jus­tice sociale que Karim et Kévin, deux potes lil­lois, ont voulu atténuer avec Com­ment ça vrac.

A l’o­rig­ine, Karim et Kévin n’ont rien a voir avec le monde de l’épicerie. Amis depuis quelques années maintenant,ils étaient respec­tive­ment graphiste et char­p­en­tier il y a encore quelques mois. Leur recon­ver­sion n’a rien a voir avec le fait d’aimer ou non leur ancien job. “On avait juste un besoin de redonner du sens à ce qu’on fai­sait chaque jour, résume aujour­d’hui Karim. Et puis le cer­cle vicieux de con­som­ma­tion dans lequel je vivais ne m’al­lait plus, per­son­nelle­ment.”

Karim est donc revenu aux bases et a com­mencé par sa vie per­so en allant, comme beau­coup, acheter plus sou­vent chez les pro­duc­teurs qui partageaient les mêmes valeurs que lui autour de Lille et à acheter en vrac. “Sauf que que je me suis vite ren­du compte qu’en vivant à Lille, ce n’é­tait pas aus­si acces­si­ble que ça.”

Il a donc “épluché l’oignon” comme il dit jusqu’à trou­ver un con­cept qui soit juste, sociale­ment et durable­ment. Voilà d’où est né Com­ment ça vrac : une épicerie mobile qui vend des pro­duits locaux, bios et en vrac, qu’on peut s’of­frir sans cra­quer son PEL. Karim a très vite été rejoint par son pote Kévin qui a apporté la touche cycliste au tout.

©Com­ment ça vrac

Le duo sil­lonne donc deux quartiers lil­lois par jour, du lun­di au ven­dre­di, pour délivr­er ses pro­duits qu’il est allé chercher lui-même chez les pro­duc­teurs du coin. Il y a des légumes et des fruits de sai­son,
plein de légu­mineuses, des épices, des graines, du miel, des jus, de la soupe… 

Il y a aus­si un sys­tème de for­mu­laire pour être directe­ment livré chez vous quand on passe dans votre quarti­er, expliquent les nou­veaux épiciers. Et si vous n’avez pas Inter­net, pas de prob­lème, vous nous télé­phonez et on s’en occupe.” Com­ment ça vrac, c’est donc pour tout le monde : de l’é­tu­di­ant qui pen­sait ne pas avoir le bud­get pour con­som­mer de cette façon, à la per­son­ne âgée qui ne peut pas se ren­dre physique­ment à l’épicerie du cen­tre-ville.

Mais com­ment font-ils pour avoir de tels prix ?” vous deman­dez-vous. On s’est posé la même ques­tion. “On n’a pas l’am­bi­tion de créer une fran­chise et de devenir mil­lion­naires, répond Karim. On veut juste avoir de quoi vivre cor­recte­ment et on ne prend donc pas de grosse marges sur ce qu’on vend. Et notre épicerie n’est pas une entre­prise mais une coopéra­tive d’en­tre­prise ce qui va per­me­t­tre à d’autres de venir rejoin­dre l’aven­ture si elle marche et boss­er avec le même statut que nous : entre­pre­neur salarié.”

L’épicerie a offi­cielle­ment été lancée la semaine dernière et le duo est revenu ven­dre­di soir à vide. Apparem­ment les Lil­lois sont embal­lés. (On assume com­plète­ment ce jeu de mots comme mot de la fin).

En fait ce n’est pas vrai­ment la fin car il manque du prati­co-pra­tique : pour suiv­re les péré­gri­na­tions de Com­ment ça vrac, il y a leur page Face­book, mais surtout leur site inter­net. C’est là qu’on trou­ve aus­si tous les pro­duits qu’ils peu­vent récolter pour nous et le fameux for­mu­laire pour être livré sur le pas de la porte.