Roobey, le graffeur qui rend hommage au Roubaix underground

Dans Ch'est bieau, Dans la rue
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Depuis deux ans, la ville de Rou­baix change d’or­tho­graphe et appa­raît, sur les murs ou les t‑shirts, en lettres blanches et sur fond rouge. Ce n’est pas une ini­tia­tive de la ville mais l’œuvre de l’ar­tiste du même nom : Roo­bey. On l’a ren­con­tré entre deux séances de graff’.

Quand on voit le nombre de ses œuvres pré­sentes dans Rou­baix, on s’at­ten­dait presque à tom­ber sur lui, par hasard, à graf­fer par ci, par là. Mais après 20 ans à lon­ger les rues de la ville en skate, c’est aux ate­liers Rémy­Co qu’on le retrouve en train pré­pa­rer ses pochoirs.

Se réapproprier les codes

Si le nom de Roo­bey vous dit quelque chose, ce n’est pas un hasard : les lettres Obey blanches sur fond rouges qui com­posent son nom viennent de She­pard Fai­rey, l’ar­tiste amé­ri­cain à l’o­ri­gine de la cam­pagne Obey Giant. Comme lui, Roo­bey s’est réap­pro­prié les codes d’un autre artiste pour faire pas­ser son mes­sage, celui qui rend hom­mage à la culture urbaine de Rou­baix, à ses artistes. Parce que lui aus­si a “gran­di dans le graff” et sait “à quel point ça peut être dif­fi­cile de s’y faire une place”.

Si Roo­bey s’ins­pire direc­te­ment d’O­bey, le reste est venu tout natu­rel­le­ment puis­qu’ils par­tagent la même culture : celle du skate, du hip-hop et des sti­ckers. Ils ont tous les deux gran­di avec, et l’ont natu­rel­le­ment uti­li­sée dans leurs œuvres.

Roo­bey dans son ate­lier
©Thi­baut Pel­lieux

Mais tout ne s’ar­rête pas là. “Tout le monde doit pou­voir s’ap­pro­prier à son tour Roo­bey”, explique l’artiste rou­bai­sien. Au point même que son nom n’est plus uni­que­ment le sien, mais aus­si celui de son “label”. Un ras­sem­ble­ment d’ar­tistes de talents qui deviennent des ambas­sa­deurs de la culture urbaine de Rou­baix. Des rap­peurs et des dan­seurs portent même ses t‑shirts pour for­mer des ponts entre leurs dis­ci­plines.

L’artiste qui s’est appro­prié jusqu’au nom de sa ville n’en oublie pas pour autant les autres terres de street art. Il coor­donne aus­si le col­lec­tif des Friches et des Lettres (DFDL) qui ras­semble des artistes de Rou­baix (bien sûr) et de Tou­louse. C’est à eux qu’on doit l’im­pres­sion­nante fresque réa­li­sée dans les rues de Rou­baix lors du fes­ti­val Expe­riences Urbaines #XU.