Les Saprophytes, les pros de l’urbanisme vert et social

Dans C'est green, Ch'est bieau, Lille
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[Sous les pavés, les arbres] Lille ne sera jamais assez verte. Pour qu’elle le devienne quand même un peu plus chaque jour, de nom­breuses assos ou ini­tia­tives fleu­rissent en ville. On pro­fite de l’été pour les mettre en lumière, his­toire que la pho­to­syn­thèse prenne encore mieux. Aujourd’hui, on vous parle des Sapro­phytes, les spé­cia­listes de la réha­bi­li­ta­tion verte.

Si vous pre­nez un dico, vous décou­vri­rez que les sapro­phytes sont des cham­pi­gnons qui font du bien à la pla­nète en recy­clant la matière orga­nique morte. Chez nous, c’est sur­tout le nom d’un col­lec­tif hybride qui s’est don­né pour mis­sion d’es­sai­mer leur urba­nisme huma­niste et vert à tra­vers la métro­pole lil­loise (et même au delà).

Les Sapro­phytes sont nés il y a douze ans sous l’im­pul­sion de six archi­tectes et pay­sa­gistes. “On avait tous un poste dans un cabi­net tra­di­tion­nel avant de se regrou­per, raconte Damien Gra­va, l’un des co-fon­da­teurs. Notre approche est, en soi, assez simple à résu­mer : réflé­chir à la place et l’im­pli­ca­tion de l’être humain dans l’es­pace qu’il occupe”.

La méthode des ©Sapro­phytes.

Social, écolo et économique

Chez eux, les archi­tectes ne res­tent donc pas qu’au bureau face à un ordi pour mon­ter leur pro­jet. Ils vont sur le ter­rain, et sur­tout, vont à la ren­contre des gens qui vont occu­per l’es­pace qu’ils comptent réamé­na­ger. Mieux : ils vont invi­ter les gens du quar­tier à venir par­ti­ci­per au chan­tier.En met­tant la main à la pâte, les gens se recon­nectent à cet espace, à la matière… Ils vont se l’ap­pro­prier avant la fin de l’a­mé­na­ge­ment et ils le res­pec­te­ront d’au­tant plus”, explique l’ar­chi­tecte.

Leur vision passe aus­si par le choix des maté­riaux. Ou par leur absence. Quand ils ont refait la Chauf­fe­rie, une ancienne usine de fila­ture d’Hel­lemmes dans laquelle ils ont ins­tal­lé leurs nou­veaux locaux il y a un an, le but a été de tout réamé­na­ger avec des matières éco­lo mais aus­si de réem­ploi. “Preuve que faire de l’a­mé­na­ge­ment sans ache­ter plein de matos, c’est aus­si pos­sible”. Ils ont logi­que­ment fait appel à des béné­voles pour leur prê­ter main forte et vont trans­for­mer leur rez-de-chaus­sée en un lieu col­lec­tif, ouvert sur le quar­tier.

Les nou­veaux bureaux des ©Sapro­phytes à l’é­tage de la Chauf­fe­rie à Hel­lemmes.

SCOP verte

Le col­lec­tif a bos­sé sur pas mal de pro­jets à Rou­baix, dans les mai­sons de quar­tier et centres sociaux du sec­teur et a même lancé un ate­lier d’au­to-construc­tion à la Condi­tion Publique (ouvert à tous, chaque mer­cre­di). Des plas­ti­ciens, construc­teurs, et gra­phistes viennent d’ailleurs gros­sir leurs rangs sur des pro­jets spé­ci­fiques. Et depuis un an et demi, le col­lec­tif a muté en SCOP pour pou­voir bos­ser sur de plus gros pro­jets, de A à Z.

L’un de leurs futurs pro­jets : le parc du Palais Rameau. Celui-ci doit accueillir très bien­tôt un centre de recherche sur l’a­gri­cul­ture urbaine pour étu­diants et cher­cheurs. Logique d’y retrou­ver nos Sapro­phytes du côté des jar­dins. “Cer­tains d’entre nous sont for­més à la per­ma­cul­ture, d’autres spé­cia­li­sés en bio­di­ver­si­té”, ajoute Damien avant de nous mon­trer une magni­fique lampe fabri­quée en… cham­pi­gnon. Les Sapro­phytes ont clai­re­ment encore des idées à faire ger­mer dans la métro­pole lil­loise.

Pour suivre l’ac­tu du col­lec­tif, il suf­fit d’al­ler faire un tour sur leur site. Ou de les suivre sur Face­book où ils vous tiennent aus­si au cou­rant des ate­liers aux­quels vous pou­vez par­ti­ci­per.