TchaoMégot, la boîte qui veut transformer les mégots en isolant thermique

Dans C'est green, Lille

Photo ©TchaoMégot

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On a beau faire, on a beau dire, les gens fument tou­jours. Et la jeune société TchaoMé­got a décidé d’en tir­er quelque chose d’é­co­lo et de durable : à par­tir des fibres de mégots de clopes, la boîte a l’in­ten­tion de créer un isolant ther­mique sain des­tiné au bâti­ment et à l’ha­bille­ment. Le pro­jet est encore en con­struc­tion mais il est plein de promess­es.

Voilà l’his­toire : Julien Paque, étu­di­ant à HEI, tra­vaille dans la boîte de ses par­ents qui fait dans l’isolant ther­mique pour le bâti­ment. Un jour, en sor­tant d’un chantier, il tombe nez à nez avec un cimetière de mégots sur le trot­toir. “Je trou­vais que les fibres des mégots ressem­blaient beau­coup à la fibre de verre qu’on utilise dans le bâti­ment. Je me suis demandé s’il était pos­si­ble d’en faire quelque chose.

Et voilà Julien qui com­mence à col­lec­tion­ner les mégots de cig­a­rette pour sa pre­mière phase de recherche et développe­ment. “J’ai com­mencé en mai dernier, et je suis encore en phase de pro­to­ty­page.” Au départ, il imag­i­nait un usage pour le bâti­ment unique­ment. “J’avais ces plaques d’iso­la­tion recy­clées, et je ne savais pas quoi en faire.” C’est là que l’ate­lier l’Out­il Com­mun, à La Madeleine, entre en jeu. “J’ai beau­coup tra­vail­lé avec Clé­mence, cou­turière de l’ate­lier, pour imag­in­er une dou­blure de man­teau en mégots recy­clés.” Et le pre­mier pro­to­type est, pour Julien, assez con­clu­ant.

Le truc, c’est que pour faire les choses sérieuse­ment, Julien doit faire appel à des lab­o­ra­toires qui vont cer­ti­fi­er que la fibre a bien per­du toute sa tox­i­c­ité dans le proces­sus de reval­ori­sa­tion, et qu’elle a bien un car­ac­tère isolant. “Ce sont des démarch­es coû­teuses, et j’ai besoin d’aide pour avancer”, avance Julien. Il vient de lancer une cam­pagne de finance­ment par­tic­i­patif sur la plate­forme KissKiss BankBank.

A terme, il espère amen­er son pro­jet loin : “On pour­rait créer une mar­que de vête­ment éco­los avec l’Outil Com­mun, et penser à com­mer­cialis­er l’isolant pour le bâti­ment.” Et met­tre en place un vrai sys­tème de col­lecte des mégots, en col­lab­o­ra­tion avec les bars (comme c’est déjà le cas avec le Priv­ilège, dans le Vieux-Lille), restau­rants, mais aus­si les col­lec­tiv­ités, qui pour­raient met­tre des points de col­lecte dans l’e­space pub­lic.

Ça per­me­t­trait aux par­ti­c­uliers de se débar­rass­er de leurs mégots.” C’est que, pour venir à bout de son pro­jet, Julien a besoin de beau­coup, beau­coup de mégots : “J’ai cal­culé qu’il en faut 2 mil­lions pour isol­er une mai­son, et 3500 à 4000 pour faire un man­teau.” Il y a un peu taff, quoi.

On vous laisse le lien vers la page Face­book de TchaoMé­got, et on vous remet celui vers sa cam­pagne de finance­ment par­tic­i­patif.