Lin d’min coin veut fabriquer des produits durables et locaux à partir de lin régional

Dans C'est green, Ch'est bieau, Lille
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Depuis trois ans, Per­rine par­tage avec ses clients ses solu­tions pour un quo­ti­dien plus durable et plus res­pec­tueux de l’en­vi­ron­ne­ment, dans sa bou­tique EthiCS à Lomme. Mais petite bou­tique devient grande et la gérante a de nou­velles envies : celle de créer des pro­duits durables et locaux à par­tir du lin, pro­duit phare de notre région.

La France est le pre­mier pro­duc­teur mon­dial de lin tex­tile. Vous ne le saviez pas ? Eh bien nous nous plus. En plus, il paraît même que notre contrée fait par­tie des cham­pions qui pro­duisent le plus de lin. Alors, Per­rine, la gérante d’E­thiCS, a eu envie d’al­ler encore plus loin dans sa démarche éco­res­pon­sable. Elle veut désor­mais lan­cer “Lin d’min coin”, une gamme de pro­duits éco­lo­giques, durables et sur­tout locaux à base de lin de chez nous.

Mais rem­bo­bi­nons. Avant d’en arri­ver là, Per­rine a chan­gé son mode de vie et il y a quatre ans, elle décide de tendre vers le zéro déchet. Virage à 360° pour celle qui tra­vaillait dans une entre­prise de… trai­te­ment de déchets. Sa vie pro­fes­sion­nelle est rat­tra­pée par ses convic­tions per­son­nelles : “Je suis deve­nue hyper mili­tante et j’é­tais en contra­dic­tion avec moi-même”.

Dans sa bou­tique, Per­rine pro­pose de nom­breux objets pour un quo­ti­dien plus durable.

Elle pro­fite d’un licen­cie­ment éco­no­mique pour se lan­cer, et c’est là que naît EthiCS, un bébé qui mesure 23 m². Elle y pro­pose des pro­duits zéro déchet et/ou au maxi­mum locaux, comme des cups, des brosses à dents, de quoi fabri­quer ses propres cos­mé­tiques… En 2017, Emma la rejoint : “On donne d’a­bord des conseils pour aider à décon­som­mer. Cha­cun va à son rythme, on veut dédra­ma­ti­ser le mode de vie du zéro déchet”, explique Per­rine.

Rapi­de­ment, la gérante a envie de plus. En 2017, EthiCS com­mence à créer ses propres pro­duits durables, locaux et soli­daires : bah oui, on fait bien les choses ou on ne les fait pas. La bou­tique pro­pose, aux côtés d’autres confec­tions mai­sons, des sacs à vrac en coton. Tis­sés en France, leurs autres com­po­sants viennent de Was­que­hal et de Comines. Pour bou­cler la boucle, il sont assem­blés par des per­sonnes en situa­tion de han­di­cap à Armen­tières.

Le lin, superstar locale

Mais Per­rine ne veut pas s’ar­rê­ter en si bon che­min. Elle veut conqué­rir le game grâce à des pro­duits encore plus res­pec­tueux de l’en­vi­ron­ne­ment et locaux. Alors, elle pense au lin : “La fabri­ca­tion du lin est super locale. Le temps pour­ri c’est top pour son déve­lop­pe­ment et il n’y a pas besoin de pes­ti­cide”, plai­sante-t-elle.

Pour pour­suivre dans sa démarche zéro déchet, elle a ima­gi­né des cotons à déma­quiller, des sacs à vrac, des ser­viettes hygié­niques lavables et plein d’autres trucs. En plus le lin a plein de pro­prié­té qu’on n’i­ma­gine pas : il est solide, ther­mo­ré­gu­la­teur et sur­tout anti­bac­té­rien.

Ah et puis sor­tez-vous de la tête que le lin c’est rêche. La boss d’E­thiCS a trou­vé un moyen de le rendre tout doux. Pour don­ner une dimen­sion vrai­ment locale et soli­daire au pro­jet, les pro­duits seront assem­blés par des cou­tu­rières qui ont été for­mées par la Fabrique de l’emploi ou des adultes en situa­tion de han­di­cap qui viennent des Papillons Blancs.

Le lin sera culti­vé, tis­sé et confec­tion­né dans la région. Le seul truc qu’on ne peut pas encore faire loca­le­ment, c’est le filer. Mais pas de panique, il sera filé en Europe et pas en Chine : “On gagne déjà 9000 km”, indique Per­rine. Elle espère d’ailleurs qu’à terme, il soit pos­sible de le filer en France.

Pour mener à bien son pro­jet, Per­rine compte sur les Inter­nets mon­diaux. Elle a lan­cé une cam­pagne de finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif sur le site (local lui aus­si) My Money Help, his­toire de “faire connaître et faire aimer le lin”. Elle a besoin de 5000€ pour pou­voir se lan­cer serei­ne­ment. Alors si vous vou­lez lui don­ner de la force, c’est ici que ça se passe.

Pour vous atten­drir, elle a un der­nier p’tit mot à vous dire : “Lin d’min coin est un pro­jet qui me tient tel­le­ment à cœur. Toutes les contri­bu­tions pro­meuvent le local et le zéro déchet”. Vous savez quoi faire.