Les fausses idées sur le cancer du sein démontées par le centre Oscar Lambret

Dans Lille, Santé !
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Octobre c’est le mois de sen­si­bi­li­sa­tion au dépis­tage du can­cer du sein. Encore cette année, on a appris de nou­velles choses et on en a par­lé autour de nous. Mais on a aus­si enten­du des idées (fausses) avoir la vie dure dans la bouche de nos amis. Du coup, on a vou­lu faire le point au centre Oscar Lam­bret pour démê­ler le vrai du faux sur cette fichue mala­die.

Pour faire le point sur tout ça, on a dis­cu­té avec les doc­teurs Marie-Pierre Chau­vet et Clo­thilde Petit­ni­co­las au Centre Oscar Lam­bret. Toutes deux sont chi­rur­giens au dépar­te­ment de can­cé­ro­lo­gie séno­lo­gique ( = du sein) et ce sont elles qui ont démon­té un par un les cli­chés sur cette mala­die.

1 — Le cancer du sein ne touche que les femmes

Faux. Les hommes peuvent éga­le­ment déve­lop­per un can­cer du sein même si c’est extrê­me­ment rare. Pour Clo­thilde Petit­ni­co­las, qui a eu des patients dans son ser­vice, “ça repré­sente envi­ron 1% des can­cers du sein”.

2 — Si on est jeune, on ne risque rien

Disons que vous ris­quez moins. La cam­pagne natio­nale de dépis­tage du can­cer du sein démarre à par­tir de 50 ans et il y a bien une rai­son : “On tourne autour des 10% de cas détec­tés avant 40 ans”, pré­cise le doc­teur Petit­ni­co­las.

3 — Il faut déjà avoir eu des cas de cancers du sein dans sa famille pour en développer un

Les jeunes femmes qui ont une mère, tante ou grand-mère vic­time du can­cer seront plus sui­vies que les autres, c’est sûr. “Mais aujourd’­hui, il est impos­sible de savoir pour­quoi telle femme déclen­che­ra un can­cer et pas une autre. Il y a par­fois des anté­cé­dents fami­liaux mais ça peut aus­si être dû à une muta­tion géné­tique, à des fac­teurs envi­ron­ne­men­taux, ali­men­taires…

4 — Est-ce qu’il faut aller faire des mammographies quand on a 25 ans ?

Sur­tout pas”, selon le doc­teur Chau­vet.Quand on est jeune, le mieux est d’a­voir un sui­vi gyné­co­lo­gique avec en moyenne une consul­ta­tion tous les ans”. Ça peut être chez votre gyne­co mais aus­si chez votre méde­cin trai­tant s’il a une for­ma­tion gyné­co­lo­gique. “C’est le méde­cin qui va effec­tuer une pal­pa­tion et deman­der une écho­gra­phie s’il sent quelque chose et qu’il a un doute, conti­nue le doc­teur Chau­vet. Il ne faut pas abu­ser de la mam­mo­gra­phie puisque ce sont tout de même des rayons.

5 — Du coup, c’est encore mieux si on sait s’auto-palper ?

On entend beau­coup par­ler d’au­to-pal­pa­tion ces der­niers temps. Du coup on s’é­tait mis en tête de deman­der un tuto à nos deux méde­cins en inter­view. “Ah non déso­lées, on n’a pas vrai­ment de tuto pour ça en réa­li­té”, répondent-elles.

Même pour nous, méde­cins, la pal­pa­tion ça reste com­pli­qué, explique le doc­teur Chau­vet. C’est tou­jours bien que les femmes prennent soin d’elles, de leur corps et se palpent les seins, on ne l’in­ter­dit abso­lu­ment pas. Mais il n’y a pas encore d’é­tudes qui prouvent aujourd’­hui que l’au­to-pal­pa­tion a un réel inté­rêt. Il ne faut pas oublier que c’est une malade lente et que si on a un sui­vi gyné­co­lo­gique régu­lier, notre méde­cin décé­lé­ra la mala­die à temps.”

6 — Il y a tout de même des signes à connaître ?

Quelques uns peuvent en effet aler­ter comme :

  • une défor­ma­tion du sein (une bosse ou un creux inha­bi­tuel)
  • un écou­le­ment de sang par le mame­lon
  • l’as­pect peau d’o­range sur le sein
  • une rétrac­ta­tion du mame­lon inha­bi­tuelle (cer­taines femmes en ont de manière régu­lière mais ce n’est pas for­cé­ment signe de can­cer, pas de stress)

Ah, tant qu’on y est, ce n’est pas parce que vous sen­tez une indu­ra­tion (un truc dur sur votre sein quoi), que vous avez for­cé­ment un can­cer. Non. Si vous sen­tez un truc louche, ne com­men­cez pas à vous affo­ler, allez consul­ter un doc­teur. Par­fois (sou­vent) c’est une fausse alerte. Une petite écho­gra­phie vous per­met­tra de faire le point.

7 — Pourquoi “Octobre Rose” existe si le cancer du sein se détecte et se soigne si bien aujourd’hui ?

Parce qu’en réa­li­té, les femmes de 50 ans qui devraient jus­te­ment aller se faire dépis­ter sont loin de toutes le faire. “On est à 49% de dépis­tage en France, ce n’est vrai­ment pas beau­coup, pré­cise le doc­teur Petit­ni­co­las. On aime­rait atteindre les 70%.

Par manque de sui­vi gyné­co­lo­gique régu­lier, à cause du stress de la mam­mo­gra­phie (ce n’est fran­che­ment agréable avouons-le) ou tout sim­ple­ment par peur de savoir, beau­coup de femmes passent à côté de ce dépis­tage pour­tant d’une impor­tance cru­ciale.

Car aujourd’­hui, c’est vrai, on gué­rit de plus en plus et de mieux en mieux du can­cer du sein. “Ce n’est plus une mala­die aus­si mor­bide qu’a­vant. Des femmes peuvent même se soi­gner tout en conti­nuant à avoir une vie pro­fes­sion­nelle par exemple”, explique le doc­teur Chau­vet.

Mais ça, c’est uni­que­ment si le can­cer du sein est détec­té de manière pré­coce. Du coup, si on résume : le meilleur moyen de res­ter en pleine san­té, c’est d’être sui­vie régu­liè­re­ment par un médecin/gynécologue.

Pour le dépis­tage, n’hé­si­tez pas à en par­ler dans votre famille pour savoir si les femmes de plus de 50 ans sont allées se faire dépis­ter récem­ment. Et moti­vez-les si besoin : au centre Oscar Lam­bret, il y a même un centre du sein tout beau, tout neuf et desi­gn pour les accueillir.

Octobre Rose, c’est aus­si l’oc­ca­sion de récol­ter des dons pour la recherche ou amé­lio­rer les condi­tions de prise en charge des malades.