Stirrup, la start-up solidaire qui propose des logements vacants aux personnes dans le besoin

Dans Ch'est bieau, Lille

À gauche, c'est Delphine Barthe. À droite, c'est l'autre Delphine, qui sera bientôt embauchée.

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Stir­rup, c’est la start-up lil­loise de Del­phine Barthe, qui veut venir en aide aux per­sonnes en situa­tion de pré­ca­ri­té. Basée à Eur­atech’, elle prête gra­tui­te­ment des appar­te­ments inoc­cu­pés à ceux qui en ont besoin, pour les aider à rebon­dir. Et tout le monde est gagnant.

Del­phine Barthe est tom­bée dans la mar­mite asso­cia­tive il y a un peu plus de deux ans. Elle fait ses pre­miers pas dans l’hu­ma­ni­taire en dis­tri­buant des dons au camp de migrants de Saint-Sau­veur, qui a depuis été déman­te­lé. Là, elle sym­pa­thise avec une famille. “Pour moi, ça a été un élec­tro­choc, explique l’en­tre­pre­neuse de 38 ans. La maman de la famille était enceinte et c’é­tait hors de ques­tion pour moi que son bébé naisse dans la rue.

Alors, elle se démène et cherche une solu­tion pour mettre à l’a­bri la famille, au moins tem­po­rai­re­ment. Elle sol­li­cite son réseau pour dégo­ter un loge­ment vacant à leur prê­ter, et fini par en trou­ver un, inha­bi­té depuis trois ans. Mais pour qu’il soit uti­li­sé par la famille, il faut réus­sir à enca­drer cor­rec­te­ment cette pra­tique soli­daire, pour cou­vrir les pro­prios en cas de pépin. Elle se penche sur la ques­tion et la voi­la qui trouve une solu­tion : créer un contrat de prêt de loge­ments.

Airbnb solidaire

Quand elle découvre qu’en plus, en France, il y a plus de 150 000 sans-abris, plus de 4 mil­lions de mal-logés et 3 mil­lions de loge­ments vacants, Del­phine se dit qu’il y a vrai­ment moyen de faire quelque chose de bien. Alors boum, elle quitte son bou­lot, intègre Eur­atech’ pour déve­lop­per Stir­rup et se lance à plein temps.

Le but de Stir­rup, c’est de trans­for­mer les loge­ments vides en trem­plin de six mois pour les per­sonnes en situa­tion de grande pré­ca­ri­té”, explique Del­phine Barthe. Réfu­giés, tra­vailleurs pré­caires, sans-abris, jeunes sor­tis de l’aide sociale pour l’en­fance ou femmes vic­times de vio­lences conju­gales peuvent être concer­nés par les loge­ments trem­plins de ce “Airbnb soli­daire”. Là, les loca­taires ne payent pas de loyer, seule­ment les charges col­lec­tives, comme l’eau, l’élec­tri­ci­té et l’as­su­rance.

Concrè­te­ment, les pro’ de l’im­mo­bi­lier ou les bailleurs sociaux qui ont des loge­ments vacants peuvent les prê­ter à Stir­rup, qui tra­vaille ensuite avec des asso­cia­tions de confiance pour loger des per­sonnes dans le besoin.On ne ren­contre pas direc­te­ment les gens qui vivent dans les appar­te­ments, ce sont les asso­cia­tions qui font le lien”, pré­cise la boss de Stir­rup.

C’est bon pour le moral les proprios

Il y a un accom­pa­gne­ment social à côté. On répond à un trou dans la raquette dans le par­cours de loge­ment”, insiste Del­phine. D’ailleurs, si on parle tra­duc­tion, “stir­rup” ça veut lit­té­ra­le­ment dire “étrier”.

Vous devez vous deman­der com­ment ce geste de soli­da­ri­té est ren­table pour les pro­prios, puis­qu’ils ne touchent pas de loyer. Eh bien lais­sez-nous vous expli­quer. Comme Stir­rup met en rela­tion les assos et les pro­prios, pour eux, c’est consi­dé­ré comme un don en nature à une asso­cia­tion d’in­té­rêt géné­ral, qui est défis­ca­li­sé entre 60% et 66%. Donc, pour les pro­prios, c’est comme s’ils tou­chaient une par­tie du loyer, et c’est sur­tout de l’argent qu’ils n’au­raient pas eu si le loge­ment était vide. En plus, “quand un loge­ment est vide, ça se sait. Ça peut entraî­ner des squats, des dégra­da­tions, ou des sinistres qui ne sont pas détec­tés et tout ça peut coû­ter cher”, explique Del­phine Barthe.

C’est vrai la semaine der­nière Stir­rup rem­por­tait le concours de pitch si #som­met­dess­tar­tups à Eur­aTech­no­lo­gies 😉

Publiée par Stir­rup sur Jeu­di 3 octobre 2019

D’ailleurs, Stir­rup bosse aus­si avec l’É­tat, ce qui lui engendre une “éco­no­mie de 8500€ par an et de façon pérenne”, pré­cise Del­phine Barthe.

Depuis le mois de juillet, Stir­rup a déjà mis huit foyers à l’a­bri, soit une ving­taine de per­sonnes. Mais, Del­phine ne compte pas s’ar­rê­ter là : “On a des objec­tifs bien plus ambi­tieux. À la fin de 2020, on aime­rait être à 300 loge­ments prê­tés.” Alors, pour que petite Stir­rup devienne grande, la boîte a besoin de plus de bras. Pour qu’on lui file un petit coup de pouce, elle a lan­cé une cam­pagne de crowd­fun­ding, his­toire de pou­voir embau­cher au plus vite une nou­velle per­sonne, qui s’ap­pelle éga­le­ment Del­phine. C’est pra­tique, comme ça, vous êtes sûrs de ne pas vous trom­per.