Une Maison des femmes, unique et pour toutes, a ouvert ses portes à Roubaix

Dans Ch'est bieau, Lille, Un toit sur la tête
Scroll par là

Depuis le 17 octobre, Rou­baix pos­sède sa propre struc­ture d’ac­cueil de jour des­ti­née aux femmes, seules ou accom­pa­gnées de leurs enfants. Et pour la pre­mière fois dans la région, elle va jouer le rôle de pivot pour orien­ter toutes les femmes, quelque soit leur pro­blème, vers les struc­tures-par­te­naires cor­res­pon­dantes.

À la Mai­son des femmes de Rou­baix, on ne vous pose pas de ques­tions. Qu’im­porte qui vous êtes et pour­quoi vous êtes là, l’ac­cueil reste le même : cha­leu­reux et sans juge­ment. “Les femmes qui se ren­daient dans le Centre Com­mu­nal d’Ac­tion Sociale (CCAS) et qui nous ont aidé à ima­gi­ner cette struc­ture d’ac­cueil, trou­vaient ces lieux froids, trop admi­nis­tra­tifs, où tout est déma­té­ria­li­sé ou robo­ti­sé, explique Séve­rine, direc­trice du CCAS de Rou­baix. Et s’il y a une aus­si grande sous-repré­sen­ta­tion des femmes dans les CCAS, qui sont mixtes, c’est parce qu’ils sont stig­ma­ti­sés et stig­ma­ti­sants pour elles”.

Retrouver sa dignité et sa confiance en soi

Résul­tat, la nou­velle Mai­son des femmes a pris le total contre-pied, en pro­po­sant un lieu non-mixte, res­sem­blant plus à une véri­table mai­son fami­liale qu’à un bâti­ment admi­nis­tra­tif. Les Rou­bai­siennes seules ou accom­pa­gnées de leurs enfants passent d’une pièce colo­rée à une autre, dis­cutent, boivent un café ou déjeunent, prennent une douche, lavent leur linge, se pom­ponnent devant la glace ou se font coif­fer, jouent aux jeux de socié­té, font un somme… Comme à la mai­son. “On n’est pas là pour stig­ma­ti­ser qui que ce soit, mais pour aider les femmes à retrou­ver leur confiance en elle et leur digni­té avant de les orien­ter vers les ser­vices qui cor­res­pondent à leurs besoins”, ajoute la direc­trice.

La Mai­son des femmes pos­sèdent deux douches et une buan­de­rie pour laver et sécher son linge. Et pour se pom­pon­ner, direc­tion la coif­feuse.

Une maison ultra-design

En pas­sant en tant que POC dans le cadre de Lille capi­tale du desi­gn 2020, la Mai­son a béné­fi­cié de l’aide d’un desi­gner pen­dant trois jours pour amé­na­ger le lieu. Mais ici, les femmes peuvent elles aus­si aider à amé­lio­rer le feng shui. “Les meubles, majo­ri­tai­re­ment de récup,’ peuvent être dépla­cés selon les avis de celles qui passent la porte.”

Côté linge, vête­ments et autres, la Mai­son des femmes fonc­tionne en par­tie avec un sys­tème de dona­tion. “On est en train de déve­lop­per les actions mécé­nats et le béné­vo­lat, mais plu­sieurs entre­prises et habi­tants nous ont déjà fait des dons de linges neufs et de vête­ments d’hi­ver.” Et c’est tou­jours bon à prendre.

Si aucune pièce n’a réel­le­ment de rôle en par­ti­cu­lier, l’une d’entre elles peut spé­ci­fi­que­ment ser­vir à piquer un somme à l’é­cart des autres.

À chaque problème, sa solution

Outre son côté cosy et cha­leu­reux, la Mai­son des femmes est sur­tout un pivot entre toutes les struc­tures d’aide par­te­naires, que ce soit sur les ques­tions de san­té, d’emploi, de loge­ment, de vio­lences fami­liales, d’ad­dic­tion à la drogue ou à l’al­cool, de média­tion fami­liale, de droit… On est la seule Mai­son des femmes à avoir cette confi­gu­ra­tion là, pré­cise la direc­trice.

Car mal­gré les dif­fé­rentes struc­tures spé­cia­li­sées qui existent, beau­coup de femmes ne savent pas vers qui s’o­rien­ter ou même par où com­men­cer quand les pro­blèmes se croisent et s’ac­cu­mulent. Pour la pre­mière fois dans la région, il existe un lieu cen­tral qui oriente et accom­pagne chaque femme vers les orga­nismes qui cor­res­pondent à leurs besoins.

Séve­rine (à gauche) est la direc­trice de la Mai­son des femmes et Sabine est l’une des six employées (à droite) à l’é­coute des usa­gères

Six employées per­ma­nentes et for­mées dans le domaine du social sont là pour “écou­ter les Rou­bai­siennes, les aider à enclen­cher les démarches et accom­pa­gner celles qui ne se sentent pas de les faire seules.” Assis­tante sociale, média­trice, psy­cho­logue… Cha­cune joue tous les rôles à la fois. Ici, à chaque pro­blème, une main vous est ten­due pour vous aider à trou­ver une solu­tion.

La Mai­son des femmes de Rou­baix est ouverte du lun­di au ven­dre­di de 9 heures à 17 heures au 231 rue Decreme. Elles peut accueillir jus­qu’à vingt femmes seules ou avec enfants. Pour plus d’in­fos, ren­dez-vous sur le site de la ville ou par télé­phone au 03 20 73 08 95. Atten­tion, pour y déjeu­ner, il faut réser­ver un peu à l’a­vance.