La métropole lilloise est encore trop timide dans la lutte contre la pollution de l’air selon un rapport

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Archives La Voix du Nord ©Patrick James

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Le Réseau Action Cli­mat, Green­peace France et UNICEF France ont publié un rap­port mi-décembre qui classe les douze plus grandes agglo­mé­ra­tions de France en fonc­tion de leurs actions contre la pol­lu­tion de l’air, notam­ment liée aux trans­ports. Spoi­ler : la métro­pole lil­loise ne fait pas par­tie du podium.

Les trois asso’ ont éta­bli ce rap­port sur un bilan des cinq der­nières années. Déjà, leur conclu­sion c’est qu’aucune des grandes agglo­mé­ra­tions fran­çaises ne va assez loin dans sa lutte contre la pol­lu­tion de l’air. Elles rap­pellent que :

  • on perd 1,6 an d’es­pé­rance de vie à cause de la pol­lu­tion de l’air
  • les trans­ports rou­tiers consti­tuent 94% des émis­sions du sec­teur des trans­ports au niveau natio­nal. Dans ces 94%, 52% pro­viennent des par­ti­cu­liers.
  • Pour trans­por­ter 240 per­sonnes, il faut en moyenne 150 voi­tures, soit 3 bus ou 1 tram.
© Réseau action cli­mat

L’é­tude classe Lille sixième, ex-aequo avec Bor­deaux, mais en fait, quand elle parle de la capi­tale des Flandres, elle englobe aus­si la métro­pole lil­loise. Selon le rap­port, les efforts pour lut­ter contre la pol­lu­tion de l’air res­tent encore “trop en retrait” dans la métro­pole, mal­gré les efforts qui sont faits.

Quand on regarde le clas­se­ment (qui est juste au-des­sus) et les dif­fé­rents points, on constate quand même qu’on est “en bonne voie” nulle part. Dans l’en­semble, toutes les mesures prises dans la métro­pole sont “encore timides”, sauf pour une caté­go­rie où on est un peu à la bourre.

Les points forts :

  • Le nou­veau plan de cir­cu­la­tion mis en place en 2016 était bien casse-pieds, mais il a per­mis d’a­voir moins de tra­fic dans le centre de Lille.
  • Pen­dant six mois en 2017, la MEL a inci­té ses habi­tants à ache­ter des vélos, élec­triques ou non. L’ex­pé­rience a été un grand suc­cès, mais ne sera a prio­ri pas renou­ve­lée.
  • Si vous pre­nez les trans­ports en com­mun, vous avez sûre­ment vu la pub de la MEL “un mois sans ma voi­ture” qui était accro­chée un peu par­tout. Entre octobre et novembre, elle inci­tait les 40 par­ti­ci­pants à pri­vi­lé­gier le métro, bus ou tram.
  • Vous n’êtes sûre­ment pas pas­sés à côté de la géné­ra­li­sa­tion de la zone 30 à Lille cet été. Une len­teur infer­nale qui, pour­tant, marque des points côté envi­ron­ne­ment.

Ce qui pêche :

  • Il n’y a pas encore de ZFE, zone à faibles émis­sions chez nous. En gros, la ZFE per­met de limi­ter la cir­cu­la­tion des voi­tures les plus pol­luantes, en se basant sur les fameuses vignettes Crit’Air. Qu’on se le dise, c’est clai­re­ment ce qui a per­mis à Paris d’être en haut du clas­se­ment. Mais chez nous, elle n’ar­ri­ve­ra qu’en 2021 et seule­ment pour les véhi­cules Crit’Air 4 et 5. Pour le moment, il n’y a qu’une cir­cu­la­tion dif­fé­ren­ciée les jours de pics de pol­lu­tion, pas mal. Mais pas suf­fi­sant pour nous faire grim­per le clas­se­ment.
  • Notre gros point faible, ça reste clai­re­ment le vélo : le bud­get qui y est consa­cré est encore trop faible, avec un nombre de sta­tion­ne­ments et de vélos de loca­tion pas assez impor­tant, d’au­tant plus que ceux dis­pos ne sont pas tou­jours dans un très bon état (cou­cou les pneus cre­vés ou les freins qui ne fonc­tionnent plus).

Pour rap­pel, Lille fait par­tie des villes de France les plus pol­luées concer­nant les par­ti­cules fines.