MifaMosa, l’artiste qui pimpe les plaques de rues lilloises grâce à la mosaïque

Dans Chill, Dans la rue, Lille
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Vous n’a­vez pas pu pas­ser à côté si vous vous bala­dez sou­vent dans le centre-ville. Depuis le mois d’oc­tobre, cer­taines plaques de rues lil­loises sont illus­trées par de la mosaïque. C’est à l’ar­tiste orléa­nais Mifa­Mo­sa qu’on doit ces petites œuvres pleines de mélan­co­lie et de mignon­ne­rie.

Vous l’a­vez remar­quée, la petite fée juste à côté de la plaque de la rue Faid­herbe ? Et le petit mou­ton bleu, rue du Bleu-Mou­ton, jus­te­ment ? Des décos à côté des plaques de rues comme celle-là, il y en a huit à Lille et elles sont toutes signées Mifa­Mo­sa, un artiste orléa­nais qui a fait de la mosaïque et des rues aux noms visuels son ter­rain de jeu.

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Publiée par Mifa­Mo­sa sur Jeu­di 9 jan­vier 2020

Pour l’ar­tiste, dont on sait peu de choses si ce n’est qu’il est orléa­nais et “proche de la tren­taine”, tout a com­men­cé en juin 2017, date de sa pre­mière illus­tra­tion en mosaïque. “Le réel moteur, ça a été de redon­ner de l’éner­gie à quel­qu’un de ma famille qui n’en avait plus. Je vou­lais créer un par­cours pour inci­ter cette per­sonne à bou­ger. Et puis j’ai été pris à mon propre jeu”, explique l’illus­tra­teur de rues, comme il aime se défi­nir.

Alors, il décide de déco­rer plein de plaques dans les rues d’Or­léans, d’où il est ori­gi­naire. Le tout en réflé­chis­sant à des petits jeux de mots. Genre, à Orléans, il a ins­tal­lé une clef à molette juste au-des­sus de la plaque de la rue de la Claye ; ou un pous­sin qui sort de sa coquille, dans la rue Coquille. Vous avez sai­si. Ensuite, il décide de se dépla­cer un peu par­tout, his­toire de faire pro­fi­ter la France et la Bel­gique de ses mosaïques.

Quatorze villes décorées

J’ai com­men­cé à suivre des potes en dépla­ce­ment pour déco­rer dif­fé­rentes villes, et ça a été l’é­clate, raconte-t-il. Ça a l’air de plaire parce que main­te­nant des gens me demandent de venir déco­rer leur ville ou leur vil­lage.” Pour l’ins­tant, le street-artist a lais­sé une trace de son pas­sage dans qua­torze villes et vil­lages dont Orléans, Mont­pel­lier, Chartres, Lyon, Angers, Cler­mont-Fer­rand ou encore Bruxelles, sa seule ville à l’é­tran­ger pour l’ins­tant. “Je réflé­chis à aller dans d’autres villes étran­gères, mais ça veut dire qu’il faut trou­ver les jeux de mots dans la langue qui vont avec”, indique Mifa­Mo­sa. Déjà en fran­çais, ça peut s’a­vé­rer com­pli­qué, alors on vous laisse ima­gi­ner en VO.

Avant d’ar­ri­ver dans une nou­velle ville, comme à Lille, l’ar­tiste fait ses petites recherches sur Google Maps, his­toire de trou­ver des rues à illus­trer. Ensuite, il pré­pare ses mosaïques, fabri­quées en émaux de Briare, made in Loi­ret, à une heure de route d’Or­léans. “Il y a une forêt de mosaïque là-bas. Celles avec des défauts de fabri­ca­tion y sont lais­sées. Au début, je grat­tais pour récu­pé­rer les car­reaux pas abi­més. Avec le temps, j’ai com­men­cé à orga­ni­ser un bud­get et à être plus exi­geant”, explique-t-il. Pour une oeuvre, ça lui prend entre une demi-jour­née et une jour­née. Une fois arri­vé dans sa nou­velle des­ti­na­tion, il n’a plus qu’à les col­ler. Si tout se passe bien, “comme à Lille”, ça ne lui prend qu’une nuit. Et voi­là le (beau) tra­vail.

Dans la capi­tale des Flandres, l’illus­tra­teur de rue avait ins­tal­lé dix œuvres au mois d’oc­tobre, mais deux ont dis­pa­ru. Une, rue des Jar­dins, a été décro­chée presque immé­dia­te­ment après son pas­sage. L’autre, rue du Concert, a tenu quelques mois avant d’être décol­lée. Mais atten­tion spoi­ler, vous pou­vez tou­jours appré­cier ses oeuvres :

  • rue Charles Debierre
  • rue du Guet
  • rue du Petit Paon
  • rue Faid­herbe
  • rue du Bleu-mou­ton
  • rue du Cirque
  • rue Pha­raon de Win­ter
  • Rue de la Clef

C’est tout… pour l’ins­tant. “Il se pour­rait que je revienne à Lille. J’ai bien aimé la ville et je n’ai pas sen­ti de bar­rières pour illus­trer les plaques de rues”, tease Mifa­Mo­sa. Ça tombe bien, parce qu’on a encore plein de rues aux noms sym­pa à déco­rer (cou­cou la rue Prin­cesse, la rue d’An­gle­terre ou la rue du Court-Debout). D’ailleurs pour cette nou­velle année, l’ar­tiste aime­rait repas­ser dans cer­taines villes qu’il a déjà déco­rées, his­toire de retour­ner sur ces traces et de pro­po­ser un petit vent de nou­veau­tés. Gar­dez les deux yeux ouverts à Lille.

Vous pou­vez suivre le tra­vail de Mifa­Mo­sa, et vous en mettre plein les mirettes, direc­te­ment sur Face­book ou sur Ins­ta­gram.