[One year later] On se fait un premier bilan des navettes autonomes

Dans Lille, Transport
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Les navettes autonomes, souvenez vous, ce sont ces mini-bus sans chauffeur lancés en décembre 2018 par la MEL et qui relient les stations Cité-Scientifique et 4-Cantons à Villeneuve-d’Ascq. A priori une aubaine pour les étudiants qui ont la flemme de marcher. L’expérimentation devait durer un an, mais a été prolongée jusqu’en avril. Ce qui ne nous empêche pas de dresser un premier bilan.

Déjà, repartons sur ce qui était annoncé à la base : une navette 100% électrique et autonome, qui passe toutes les 10 minutes en heures de pointe, 20 minutes en heures creuses, de 7h30 à 19h30. Voilà, ça c’était grosso modo le topo de la MEL il y an an lors du lancement de cette expérimentation. Expérimentation dans laquelle elle a quand même investi près d’un million d’euros selon La Voix Du Nord.

Autonome. Ou pas.

Au niveau de l’autonomie de la navette, il y a toujours un “opérateur” (A.K.A, un conducteur, mais chuuuut faut pas le dire) sur place. Bon, on ne va pas vous la faire à l’envers, c’était quand même prévu dès le départ. Déjà, parce qu’il est interdit par la loi de faire rouler un véhicule motorisé sans conducteur à l’heure où on écrit ces lignes. Ensuite, parce que la navette se bloque régulièrement.

Patrick, opérateur, est là pour expliquer tout ça : “La navette est sur un circuit paramètré. Si quelque chose bloque sa route, comme une voiture mal garée par exemple, elle s’arrête“. Et on peut attendre autant qu’on veut, elle ne dépassera pas l’obstacle toute seule. Ça, c’est donc le boulot des opérateurs (il y en a sept au total) qui viennent débloquer la situation à l’aide d’une manette de Xbox (oui oui, vous avez bien lu). Et comme la navette passe par 4-Cantons, qui est aussi un arrêt de bus, vous vous doutez que son circuit initial est souvent malmené à cet endroit-là.

Côté horaires, en revanche, ce n’est pas vraiment ce qui était prévu. “C’est franchement impossible de passer toutes les vingt minutes, précise l’opérateur. On met exactement le double pour faire l’aller-retour.” Il faudrait, selon lui, attendre 40 minutes en heures creuses, et 20 minutes en heures de pointe puisqu’il y a deux navettes en circulation. Et comme il n’y a aucun horaire affiché, et qu’il n’existe pas d’application qui puisse suivre la navette, il n’est pas facile de savoir si ça vaut la peine d’attendre.

Attention au freinage

En sachant que la navette roule entre 7 et 20 km/h selon les tronçons, on s’attendrait à ce que ça soit plutôt tranquille à l’intérieur. Et, en soit, ça l’est. Sauf lors des freinages… Puisque la navette circule sur une route empruntée par d’autres automobilistes qui ont autre chose à faire que de rouler à 20 km/h, si une voiture double puis se rabat trop près de la navette, celle dernière pile. Genre, bien comme il faut. On l’a testée nous-même le 8 janvier dernier et on doit admettre que c’était assez violent. Donc attention à bien s’accrocher, parce que même assis, difficile de ne pas être projeté en avant.

En théorie, les navettes peuvent prendre quinze personnes. Sauf que vu qu’il n’y a que huit sièges, Patrick ne laisse monter que… huit personnes. Bah oui, imaginez une personne debout, et hop ! freinage de la muerte… Le risque de chute reste quand même assez élevé. “On a demandé pour le freinage, mais ça ne suit pas derrière,” se désole-t’il.

On a nous-mêmes logiquement contacté le constructeur pour en savoir un peu plus sur le fonctionnement et les mises à jour des navettes. Mais on en saura plus pour le moment car “la société Navya ne souhaite pas faire de commentaire“, a indiqué leur service de communication. Quant à la MEL, il faudra attendre la fin de l’expérimentation qui a été repoussée en avril pour avoir un vrai bilan chiffré et savoir ce qui est prévu pour la suite.

Rendez-vous donc au printemps.