Tepee, le couchsurfing entre pro’ qui permet d’aider les gens à la rue

Dans Ch'est bieau, Lille

©Tepee

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Si vous avez cli­qué sur cet article, il y a de fortes chances que ce soit pour répondre à cette ques­tion : com­ment une pla­te­forme de couch­sur­fing pour les pro­fes­sion­nels pour­rait-elle aider concrè­te­ment à relo­ger des per­sonnes sans domi­cile fixe ? Pro­mis, vous aurez la réponse dans quelques minutes.

Avant ça, on va vous refaire la petit his­toire de Tepee.pro. L’i­dée est née ici, dans la métro­pole lil­loise, au siège de Décath­lon, en 2015. Allan, qui bosse dans la boîte, lance l’i­dée d’un sys­tème qui per­met­trait aux sala­riés lil­lois de la boîte d’hé­ber­ger (gra­tui­te­ment) ceux qui vien­draient de loin pour une for­ma­tion ou un sémi­naire au siège de l’en­tre­prise. En 2016, deux autres sala­riés de Décath’, Arnaud et Alexis, l’aident à créer la pla­te­forme qu’il a ima­gi­née : Décath­lives.

Se loger entre pro’

C’é­tait du simple couch­sur­fing entre col­lègues en fait, explique Alexandre qui est jus­te­ment deve­nu hôte comme ça. À l’é­poque, je bos­sais donc à Décath’ et j’a­vais juste un petit appart’ de 25 m² dans Lille.” Mais qui irait tro­quer sa nuit à l’hô­tel pour squat­ter son canap’ lit ? Eh bien plein de col­lègues en fait. “Quand on est jeune et qu’on com­mence à voya­ger pour le tra­vail, c’est juste trop bien, raconte Alexandre. Sauf qu’à force de voya­ger aux quatre coins du conti­nent avec pour seuls sou­ve­nirs l’aé­ro­port, l’en­tre­prise et l’hô­tel, on com­mence à trou­ver ça très frus­trant”.

C’est ce que lui racontent les sala­riés inter­na­tio­naux de Décath’ qui débarquent chez lui. Moins de confort, c’est sûr. Mais au moins ils repartent de Lille en ayant évi­tés tous les spots attrape-tou­ristes et en ayant vécu quelques jours à la ch’­tie.

Voya­ger à Lille et reve­nir avec des sou­ve­nirs de Saint-So’, c’est quand même plus classe que la simple vue sur Lille-Europe. @Tepee

Chez Décath’, le concept marche donc plus que bien. L’i­dée de créer une vraie pla­te­forme mais, cette fois-ci, ouverte à tous les sala­riés, com­mence à émer­ger. En octobre 2018, Tepee.pro voit donc le jour. Un bon mix entre Lin­ke­din et Couch­Sur­fing.

C’est l’entreprise qui paye

Alexandre rejoint le trio d’o­ri­gine et l’é­quipe conti­nue de gran­dir en même temps que la com­mu­nau­té. Et là vous vous dites : OK, c’est bien beau tout ça, mais si tout se fait sans échange d’argent, ils vivent com­ment les mecs de Tepee ? Et com­ment peuvent-ils, en plus, aider les gens à la rue via la pla­te­forme ?

Ça, c’est l’é­quipe de Tepee au com­plet. @Tepee

En fait, on se la joue un peu à la Robin des Bois, plai­sante Alexandre. Depuis l’é­té 2019, on n’est plus vrai­ment gra­tuit : chaque nuit pas­sée chez un hôte de Tepee coûte 50€. Mais pas au sala­rié, à son entre­prise.” En gros, quand un pro’ voyage, il a un bud­get alloué par son entre­prise. C’est sur ce der­nier que Tepee puise ses fonds pour fonc­tion­ner : ils fac­turent comme si le sala­rié avait pas­sé une nuit à l’hô­tel. Le sala­rié pro­fite de sa nuit chez quel­qu’un du coin, Tepee peut se rému­né­rer ET payer une nuit au chaud à des per­sonnes contraintes de dor­mir dehors. Tout le monde y trouve son compte.

Parce que voi­là com­ment sont répar­tis les 50€/nuit :

  • 10€ de TVA
  • 10€ pour Tepee
  • le reste pour payer l’hé­ber­ge­ment à un sans-abri

Avant même la créa­tion de Tepee, on était tous plus ou moins enga­gés dans l’as­so­cia­tif, le sans-abrisme et les maraudes. On va donc nous-mêmes dans la rue ou via les asso­cia­tions qu’on connait, offrir un toit pour une ou plu­sieurs nuit à des per­sonnes. C’est vrai­ment du direct”, affirme Alexandre.

@Tepee

Voi­là. Vous en savez un peu plus sur cette pla­te­forme née ici et sur son fonc­tion­ne­ment. On vous laisse assou­vir ce qui vous reste de curio­si­té en vous bala­dant sur leur site et en pen­sant à eux si un jour vous êtes ame­né à voya­ger, n’im­porte où dans le monde, pour le taff’.