Les écoles d’ingé’ de la Catho poussent les murs pour être plus en phase avec leur temps

Dans La Fac, Lille

©Agence Nathalie T'kint

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Si vous êtes un habi­tant du quar­tier Vau­ban, vous avez sûre­ment dû remar­quer que ça bouge pas mal dans le coin. Entre per­mis de construire et per­mis de démo­lir, il va y avoir (et il y a déjà) du nou­veau dans le quar­tier de la Catho, notam­ment du côté des écoles d’in­gé’. On vous explique ça en point bou­lettes.

On vous a déjà par­lé des mul­tiples tra­vaux des écoles de la Catho, pré­pa­rez-vous à de gros bou­le­ver­se­ments pay­sa­gesques (oui, ce mot est inven­té) du côté de ses écoles d’in­gé. En 2014, les écoles HEI, ISA et ISEN ont fusion­né au sein d’une même enti­té. Son petit nom, c’est Yncréa et elle a annon­cé en sep­tembre 2019 inves­tir 146 mil­lions d’eu­ros pour se déve­lop­per. Par­mi les cinq axes de déve­lop­pe­ment, on retrouve les pro­jets immo­bi­liers, et ce qu’on peut vous dire c’est que Vau­ban va bien chan­ger dans les années à venir.

Aujourd’­hui, Yncréa occupe 12 bâti­ments par­tout dans le quar­tier alors qu’on est une seule enti­té, qui pro­pose trois diplômes et 40 spé­cia­li­tés”, explique Jérôme Cru­nelle, direc­teur du pôle pro­jet stra­té­gique d’Yn­créa Hauts-de-France. L’i­dée der­rière ces tra­vaux, c’est de rendre les bâti­ments intel­li­gents, éco­nomes en éner­gie, adap­tés aux besoins des étu­diants. “On veut qu’ils rendent ser­vice, qu’ils soient plus confor­tables, plus éco­nomes en éner­gie”, pré­cise-t-il. Mais aus­si de bos­ser la trans­dis­ci­pli­na­ri­té, en pous­sant les étu­diants des dif­fé­rentes écoles et spé’ à bos­ser ensemble plus sou­vent. Pour ça, les dif­fé­rentes enti­tés seront ras­sem­blées autour de quatre îlots : Le Grand, Col­son, Rameau et Ségard, avec cha­cun sa spé­ci­fi­ci­té.

  • Îlot Le Grand, au croi­se­ment du bou­le­vard Vau­ban et de la rue Nor­bert-Ségard

On part là sur le futur siège de l’as­so Yncréa, qui va s’ins­tal­ler à la place de l’an­cienne rési­dence étu­diante Albert-Legrand. Juste à côté, les locaux de ce qu’est actuel­le­ment l’I­SA accueille­ront les futures salles de cours des­ti­nées à tous les étu­diants de Bache­lor (peu importe qu’ils soient issus d’HEI, de l’I­SA ou de l’I­SEN). La réha­bi­li­ta­tion de la rési­dence Albert-Legrand com­men­ce­ra cette année et si tout va bien, les tra­vaux devraient s’a­che­ver aux alen­tours de jan­vier 2021. En même temps, il y aura aus­si des trans­for­ma­tions dans l’I­SA, genre une exten­sion à l’a­vant et à l’ar­rière du bâti­ment.

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  • Îlot Ségard, au croi­se­ment des rues Nor­bert Ségard et de Toul

De ce côté-ci de la rue Nor­bert-Ségard, on par­ti­ra aus­si sur l’ac­cueil d’une par­tie des élèves du cycle Bache­lor. Il y aura aus­si des espaces dédiés à la for­ma­tion pro et à l’ac­cueil des entre­prises. Ce sera aus­si le lieu où les anciens élèves pour­ront se retrou­ver et la mai­son de l’é­tu­diant vien­dra s’y implan­ter. “Aujourd’­hui, les élèves des enti­tés dif­fé­rentes ne se croisent pas for­cé­ment. Là on veut vrai­ment agen­cer l’es­pace pour que ça arrive, indique Jérôme Cru­nelle. Ce sera modu­lable, avec des lieux magiques et ins­pi­rants.” Une par­tie des tra­vaux débu­te­ra dans l’an­née et les autres sui­vront d’i­ci 2022–2023. Tout ça se ter­mi­ne­ra pro­gres­si­ve­ment, jus­qu’en 2024.

  • Îlot Rameau, A.K.A. le Palais Rameau

La ville de Lille a confié à Yncréa la ges­tion du Palais Rameau pen­dant 25 ans. Du coup, vous vous ima­gi­nez bien que le lieu va (un peu) chan­ger. “On va pré­ser­ver la nef et les tran­cepts. On va y construire des espaces de co-wor­king, un labo de recherche, des salle de cours, des lieux pour accueillir des confé­rences…” tease le direc­teur du pôle pro­jet stra­té­gique d’Yn­créa Hauts-de-France. Mais ras­su­rez-vous, le public aura encore la pos­si­bi­li­té de s’y rendre lors d’é­vé­ne­ments : “On n’est pas dans un musée”. Dans ce lieu, le défi des ingé­nieurs va être de faire des expé­ri­men­ta­tions sur la culture en ville et dans l’i­déal, Yncréa aime­rait que le jar­din reste acces­sible à tous. Tout ça a déjà com­men­cé, les études ont été lan­cées et si tout va bien, les tra­vaux devraient débu­ter au prin­temps. Ensuite, il fau­dra attendre fin 2021 pour décou­vrir le palais Rameau 2.0.

©Ate­lier 9.81
  • Îlot Col­son, au croi­se­ment du bou­le­vard Vau­ban et de la rue Col­son

On part là sur l’î­lot qui va pro­ba­ble­ment le plus chan­ger. C’est un pro­jet immo­bi­lier neuf de plus de 15 000 mètres car­rés. Actuel­le­ment, c’est le bâti­ment de l’I­SEN qui y est implan­té. Il va donc fal­loir démo­lir tout ça pour tout recons­truire. “On tra­vaille beau­coup avec le patri­moine de la fin du XIXe siècle, c’est impor­tant et ça fait par­tie de notre his­toire. Mais là, on a besoin d’un espace qui cor­res­pond aux besoins de demain, ce bâti­ment ne s’y prête pas”, explique Jérôme Cru­nelle.

L’ac­tuel bâti­ment, ain­si qu’une par­tie de l’an­cien col­lège Saint-Paul, qui a été rache­tée par Yncréa, seront démo­lis. Dans la des­truc­tion, on peut dire au revoir à la Cha­pelle Saint-Joseph, ce qui a fait bon­dir cer­tains Lil­lois. Curieux, pour un ins­ti­tut catho­lique de démo­lir une cha­pelle ? “On n’a rien fait dans ce bâti­ment depuis quinze ans, assure le direc­teur du pôle pro­jet stra­té­gique. Il n’y a pas eu de pro­jet de réha­bi­li­ta­tion de cette cha­pelle alors elle sera démo­lie. Mais on regarde com­ment conser­ver la mémoire des lieux et on repren­dra des mor­ceaux de vitraux pour s’en res­ser­vir.” D’ailleurs, ne croyez pas qu’Yn­créa a déci­dé ça tout seul. Non, il y a eu l’ac­cord de la mai­rie, qui donne le per­mis de démo­lir, et de l’ar­chi­tecte des bâti­ments de France, à condi­tion de “res­pec­ter les élé­ments d’his­toire.”

©Sai­son Menu_Avant-pro­pos_­Sé­bas­tien Regall

À côté de la Cha­pelle Saint-Joseph, le théâtre, lui, connu comme “l’an­cien Aéro­nef”, est “un lieu his­toire à pro­té­ger d’un com­mun accord”. Il n’a pas été rache­té par Yncréa et sera conser­vé. Mais assez par­lé des­truc­tion. Back to construc­tion. Ensuite, ce nou­veau lieu “modu­lable, ouvert, avec de grands espaces, flex pro­po­se­ra une vraie qua­li­té de lieu et de ser­vice” pour les étu­diants en mas­ter et les cher­cheurs. C’est aus­si là que sera implan­té le Career Cen­ter, un lieu qui aura pour voca­tion d’ai­der les étu­diants à construire leurs pro­jets pro et per­so. On part donc sur un lieu du tur-fu, bien plus res­pon­sable éco­lo­gi­que­ment, qui per­met­tra aus­si aux ingé­nieurs en for­ma­tion de faire des tests IRL.

Voi­là un peu pour un (bref) état des lieux. Actuel­le­ment, le cam­pus fait 47 000m². Après tous ces tra­vaux, on sera plu­tôt sur du 67 000m² : ça en fait de la place pour les 5 000 étu­diants d’Yncréa.