En quoi consiste Discovery, l’essai clinique européen auquel le CHU de Lille participe ?

Dans Lille, Santé !
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Depuis une semaine, le CHRU de Lille fait par­tie des hôpi­taux qui a lan­cé Dis­co­ve­ry, un essai cli­nique euro­péen des­ti­né à éva­luer quatre trai­te­ments expé­ri­men­taux contre le Covid-19. On vous explique com­ment ça marche.

Au CHU de Lille, on diag­nos­tique et on soigne les patients atteints du coro­na­vi­rus mais on cherche aus­si un trai­te­ment. Pour ça, il faut l’aide d’autres CHU, de l’In­serm ( Ins­ti­tut natio­nal de la san­té et de la recherche médi­cale) mais aus­si des voi­sins. Voi­là, on vient de vous décrire ce qu’est l’es­sai cli­nique euro­péen qui se tient en ce moment, bap­ti­sé Dis­co­ve­ry.

Son but : tes­ter quatre trai­te­ments sur 3 200 patients atteints sévè­re­ment par le Covid-19 (dont 800 en France) pour éva­luer leur effi­ca­ci­té contre le Covid-19. Non sans faire atten­tion à leurs effets indé­si­rables et donc à la sécu­ri­té des patients.

L’essai a démar­ré avec cinq moda­li­tés de trai­te­ment :

  • soins stan­dards
  • soins stan­dards + rem­de­si­vir,
  • soins stan­dards + lopi­na­vir et rito­na­vir,
  • soins stan­dards + lopi­na­vir, rito­na­vir et inter­fé­ron beta
  • soins stan­dards + hydroxy-chlo­ro­quine

Ces molé­cules anti­vi­rales ne sortent pas de nulle part : elles pro­viennent des pre­mières ana­lyses de don­nées scien­ti­fiques éma­nant de Chine. “La liste de ces médi­ca­ments poten­tiels est par ailleurs basée sur la liste des trai­te­ments expé­ri­men­taux clas­sés comme prio­ri­taires par l’Organisation Mon­diale de la San­té”, pré­cise Flo­rence Ader, l’in­fec­tio­logue et cher­cheuse lyon­naise qui coor­donne l’es­sai en France.

Cinq hôpitaux en France dont Lille

Le CHRU de Lille fait donc par­tie des cinq hôpi­taux fran­çais a avoir lan­cé l’es­sai depuis une semaine. “C’est un mes­sage impor­tant et réas­su­rant qui démontre aus­si le dyna­misme dans cette lutte contre cette patho­lo­gie”, expli­quait lors de son lan­ce­ment Julien Pois­sy du ser­vice réani­ma­tion à Lille.

Com­ment ça se passe dans les faits ? “Cet essai est par­ti­cu­lier car il est adap­ta­tif : ça signi­fie qu’un comi­té de sur­veillance se réunit très régu­liè­re­ment pour ana­ly­ser les résul­tats des trai­te­ments en temps réel”, détaille le Dr. Pois­sy. Ce qui va per­mettre de juger plus rapi­de­ment de l’ef­fi­ca­ci­té et des effets indé­si­rables des trai­te­ments et d’a­ban­don­ner ou, au contraire, mettre en évi­dence l’un d’entre eux. “C’est une démarche de recherche réso­lu­ment proac­tive contre la mala­die”, conclut le Dr. Ader dans un article du site Inserm.fr.

Alors on vous ras­sure, si l’at­tri­bu­tion des dif­fé­rents trai­te­ments est “ran­do­mi­sée” (c’est à dire aléa­toire), l’es­sai est dit “ouvert” : les patients hos­pi­ta­li­sés et méde­cins sont donc au cou­rant de ce qui est admi­nis­tré et à qui, en toute trans­pa­rence. Et non il n’ y a pas de patient sous pla­ce­bo qui ne rece­vrait du coup aucun trai­te­ment : tous les malades reçoivent des soins “adap­tés à leur état”. 

Des résultats pour quand ?

Dans les semaines qui viennent en étant pru­dents”, annonce le Dr. Pois­sy. Dif­fi­cile en effet d’être plus pré­cis sous peine de faire de fausses pro­messes. L’ob­ten­tion des pre­miers résul­tats dépen­dant aus­si de l’é­vo­lu­tion de l’é­pi­dé­mie.

On vous laisse avec une vidéo du Dr. Flo­rence Ader publiée lors du lan­ce­ment de l’es­sai si vous êtes curieux d’en savoir plus.