Exams à distance ? On se fait un point confiné avec l’Université

Dans La Fac, Lille
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Main­te­nant que la conti­nui­té péda­go­gique com­mence à rou­ler comme il faut dans la majo­ri­té des com­po­santes, l’U­ni­ver­si­té planche désor­mais sur la pré­pa­ra­tion des éva­lua­tions à dis­tance.

Mettre en place la conti­nui­té péda­go­gique sur tous les cam­pus, pour toutes les com­po­santes et tous les profs et étu­diants n’a pas été une mince à faire. “Mais ça y’est ça com­mence à se for­ma­li­ser et à mon­ter en puis­sance, résume Lynne Fran­jié vice-pré­si­dente à la for­ma­tion. On estime que les 2/3 des étu­diants sont tou­jours actifs et en contact avec pro­fes­seurs”. Par­mi le tiers res­tant, la vice-pré­si­dente estime qu’il y a les étu­diants qui avaient décro­ché avant même le confi­ne­ment mais aus­si ceux qu’elle appelle “empê­chés”, c’est à dire qui n’ont pas les moyens de suivre les cours à dis­tance.

Pas de 4G ou d’ordi

Ce sont ses étu­diants là que tentent de repé­rer la fac. “Rares sont ceux qui n’ont aucun maté­riel infor­ma­tique à por­tée de main, pré­cise Lynne Fran­jié. Il s’a­git plu­tôt de jeunes qui n’ont par exemple qu’une tablette à por­tée de main ou un ordi­na­teur à par­ta­ger à plu­sieurs. Ou pas assez de débit inter­net ou de 4G pour suivre un cours en visio.

Au delà du sui­vi des cours, le sou­ci, c’est bien évi­dem­ment les exa­mens finaux qui se pro­filent. Vous l’au­rez quand même noté : per­sonne ne sait quand et si le retour sur les cam­pus pour­ra se faire avant l’é­té. Et l’U­ni­ver­si­té non plus. Du coup, elle pour­suit sa stra­té­gie qui consiste à prendre de l’a­vance sur ces ques­tions pour ne pas se retrou­ver dému­nie devant le fait accom­pli.

On va ten­ter de faire à dis­tance tout ce qu’il est pos­sible de faire, annonce la vice-pré­si­dente qui va pré­sen­ter ce 6 avril toutes les moda­li­tés envi­sa­gées auprès de la CFVU (Com­mis­sion de la for­ma­tion et de la vie uni­ver­si­taire du conseil aca­dé­mique). C’est cette der­nière, com­po­sée à qua­si 50% d’étu­diants élus (16 pour 40 membres), qui va débattre sur les moda­li­tés des futures ses­sions d’exa­men.

Pour l’heure, elle va essen­tiel­le­ment s’at­tar­der sur la ses­sion d’exams du semestre pair avant de s’at­ta­quer plus tard à la ques­tion épi­neuse des ses­sions de rat­tra­pages pré­vues elles aus­si en fin d’an­née. “On ver­ra ce que don­ne­ront les pre­mières éva­lua­tions.”

Dépots, visio et… les TD ?

Le dépôt de tra­vaux en ligne va sans doute être le mode d’exa­men le plus pri­vi­lé­gié. En gros, votre prof vous don­ne­ra tel devoir à rédi­ger à lui envoyer à telle date. “Les sou­te­nances de stages déjà effec­tués pour­ront aus­si se pas­ser en visio et des éva­lua­tions en temps réel peuvent se faire via la pla­te­forme Moo­dle”, pré­cise Lynne Fran­jié.

Pour ce qui est des TD ou des stages qui auraient dû s’ef­fec­tuer pen­dant le confi­ne­ment, il y a de fortes chances qu’ils ne soient tout sim­ple­ment pas comp­ter dans la moyenne.

Une année au rabais ?

Cer­tains étu­diants, notam­ment ceux en fin de cur­sus ou qui suivent une for­ma­tion avec pas mal de TD ou de stages, se demandent déjà s’ils ne vont pas finir avec un année uni­ver­si­taire “baclée” (ou avec un goût d’i­na­che­vé dirons-nous).

Si on se réfère au report du concours PACES, on se dit qu’il y a une pos­si­bi­li­té de réou­ver­ture des cam­pus fin juin. Mais ce n’est que du condi­tion­nel et on ne sait pas si sera juste pour les exams, pour l’ac­cès aux biblio­thèques, uni­que­ment pour le per­son­nel admi­nis­tra­tif ou alors si des cours pour­raient de nou­veau se tenir”, liste la vice-pré­si­dente qui pré­cise que ce sera quoi qu’il arrive l’im­pé­ra­tif san­té qui pri­me­ra.

Il sera tou­jours temps d’or­ga­ni­ser des modules de rat­tra­pages à la ren­trée pro­chaine pour ceux qui sont en milieu de cur­sus. La prio­ri­té, si les cam­pus ne rouvrent pas d’i­ci cet été, ce sera donc pour ceux qui doivent être diplô­més cette année.

Encore une fois, il fau­dra se mon­trer patient puisque tout se fera en fonc­tion de l’é­vo­lu­tion de l’é­pi­dé­mie. “Il n’y a pas de situa­tion idéale mais tout le monde fait au mieux”, assure et conclut la vice-pré­si­dente.