Le CHU de Lille refait le point sur l’épidémie

Dans Lille, Santé !
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C’est le retour des points heb­do­ma­daires au CHU de Lille. Tou­jours en visio, tou­jours avec les mêmes pro­fes­sion­nels de la san­té. Cette semaine, le mes­sage à faire pas­ser est plus que clair : la décrois­sance de l’é­pi­dé­mie n’est pas d’ac­tua­li­té, donc le confi­ne­ment est tou­jours autant néces­saire.

Au CHU de Lille, “la fatigue phy­sique est for­cé­ment là mais le moral tient bon”. Et pour que ça conti­nue, pas ques­tion de relâ­cher pré­ma­tu­ré­ment la garde. Selon les der­niers chiffres de Fré­dé­ric Boi­ron, le direc­teur, le centre hos­pi­ta­lier lil­lois accueille à ce jour “200 per­sonnes atteintes du Covid-19″ dont plus d’une cen­taine en réani­ma­tion.

La pro­por­tion de cas grave est en aug­men­ta­tion mais il n’y a tou­jours pas pas de satu­ra­tion en vue : la stra­té­gie d’ou­ver­ture de lits pro­gres­sive per­met encore au CHU de Lille de gar­der de l’a­vance et même d’ac­cueillir cer­tains patients gra­ve­ment atteints des autres hôpi­taux de la région.

Aucun relâchement

Ces der­niers, jours, le CHU de Lille a atteint la barre des 250 patients Covid. Le fait que ce chiffre soit en baisse ces der­niers jours est, certes, “un cri­tère de sou­la­ge­ment” mais clai­re­ment pas un indi­ca­teur qui mon­tre­rait que le pic de l’é­pi­dé­mie est der­rière nous. La preuve : la pro­por­tion de cas graves par­mi les patients qui arrivent à l’hô­pi­tal est, elle, en hausse.

Pour les pro­fes­sion­nels de la san­té réunis lors de la conf’ de presse de ce mer­cre­di, la situa­tion est même claire : si on veut conti­nuer à maî­tri­ser la situa­tion, il ne doit y avoir aucun relâ­che­ment de la part de la popu­la­tion en matière de confi­ne­ment et de dis­tan­cia­tion sociale. “Le décon­fi­ne­ment ? On ne connaît pas ce terme ici”, annonce le Pr. Pru­vot, pré­sident de la CME du CHU . “On ne le répé­te­ra jamais assez : le confi­ne­ment est contrai­gnant mais utile car il a eu un réel effet sur la pro­pa­ga­tion de la mala­die”, ajoute Fré­dé­ric Boi­ron.

La peur de la double peine

On est prag­ma­tiques et réa­listes, ren­ché­rit le Pr. Gold­stein, chef des urgences et du Samu du Nord. On n’est pas sur une décrois­sance de l’é­pi­dé­mie.” La peur d’un poten­tiel “rebond” plane mais un autre para­mètre est venu se rajou­ter à l’é­qua­tion : les malades qui ne se soignent plus. Parce que bien évi­dem­ment, la vie conti­nue et les autres mala­dies en dehors du Covid-19 n’ont pas dis­pa­ru.

Soi­gnez vous, s’il vous plait”, lance le Pr. Gold­stein en pré­ci­sant que les méde­cins géné­ra­listes se sont struc­tu­rés pour accueillir leurs patients en toute sécu­ri­té. Si trop de patients retardent la prise en charge de leur patho­lo­gie, ça pour­rait conduire à de lourd effets col­la­té­raux par la suite. “Ce serait fina­le­ment s’in­fli­ger une double peine”, conclut le r. Gold­stein.

La recherche active

Côté recherche, le CHU de Lille conti­nue l’es­sai cli­nique euro­péen Dis­co­ve­ry sur l’é­va­lua­tion de plu­sieurs trai­te­ments thé­ra­peu­tiques poten­tiels. “Mais d’autres pro­jets de recherches sont en cours au sein du CHU, pré­cise le Dr. Faure, cheffe du ser­vice des mala­dies infec­tieuses. On tra­vaille éga­le­ment sur la carac­té­ri­sa­tion de la mala­die, sur la méthode du diag­nos­tique de la mala­die et sur le trai­te­ment de sa réac­tion inflam­ma­toire.”

Le point masque

Bon, fina­le­ment, le masque pour tous : utile ou pas dans la rue ? Depuis le début de l’é­pi­dé­mie, le CHU de Lille n’a chan­gé de dis­cours sur le sujet. Il ne le fait tou­jours pas aujourd’­hui : “Le masque seul ne suf­fit pas si les mesures de dis­tan­cia­tions sociales ne sont pas res­pec­tées. La meilleure des pré­co­ni­sa­tions, ça reste le mètre cin­quante que vous met­tez entre vous et les autres, détaille le Pr. Pru­vot. Si le dogme en matière de masque change au niveau natio­nal, c’est peut-être aus­si en vue du décon­fi­ne­ment.

Il y aurait alors là plus d’intérêt à le por­ter pour tout le monde. On vous laisse ici avec une recom­man­da­tion lec­ture du Pr. Pru­vot him­self sur le sujet des masques : une tri­bune du Monde de l’anthropologue Fré­dé­ric Keck.