Et les Nuits Secrètes ? “On se doit de continuer à avancer”

Dans Festival, Lille
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En Nord beat, le Main Square, la Bonne Aventure… Les festivals annulés ou repoussés de facto après l’annonce d’Emmanuel Macron lundi soir sont légion. L’interdiction d’organiser un festival est pour le moment maintenue “au moins jusqu’à la mi-juillet“. Ce qui laisse les Nuits Secrètes dans un flou artistique pas confortable du tout.

Parce que les Nuits Secrètes, ce chouette festival qui se tient chaque année à Aulnoye-Aymeries, doivent avoir lieu les 24, 25 et 26 juillet prochains. À peine dix jours après la limite fixée par le chef de l’État. Une situation compliquée à gérer pour l’équipe du festival, qui ne sait pas sur quel pied danser. “On se doit de continuer à avancer“, démarre Olivier Connan, programmateur du festival. Lui et son équipe se remettent de la perte, du festival La Bonne Aventure qui devait se tenir fin juin à Dunkerque, et espèrent arriver à repousser l’édition 2020 au mois de septembre. “On garde le moral. On reste positif et réalistes.” Et en l’absence de directive claire concernant les festivals se tenant après le 15 juillet, il faut faire comme si.

Oui ou non

L’État ne nous laisse pas la possibilité d’y voir clair, déplore Olivier Connan. On appelle à une vraie réponse de sa part.Un réponse qui dirait “oui” ou “non“, tout simplement. Pour permettre à l’équipe de poursuivre ou d’arrêter les frais. Parce qu’organiser un festival, c’est payer en amont des fournisseurs, verser des ares, signer des devis. “Les dépenses ne sont pas gelées. On est obligés de s’engager auprès de nos prestataires, ça ne se fait pas la veille du festival.” Et puis il y a “tout ce qui est engagé depuis le début, à commencer par les artistes“. Des artistes qui sont selon lui les premiers à souhaiter que le festival ait lieu, à un moment ou un autre.

Ça montre à quel point la musique est importante dans notre quotidien, conclut Olivier Connan. Les festivals, ce sont des repères dans l’année, des valeurs partagées. Ce sont des espaces de liberté. Tu te fais des potes, il y en a qui y rencontrent leur futur mari ou femme, ce sont des moments qu’on attend avec appétit.” Olivier Connan n’est pas le seul à demander des clarifications à l’État. Le directeur des Vieilles Charrues, Jérôme Tréhorel, va notamment de directs en interviews pour dire toute sa colère. Son festival, l’un des plus gros de France avec 300 000 festivaliers, doit démarrer le 16 juillet…