Une cagnotte et des aides pour les étudiants de Villeneuve-d’Ascq dans le besoin

Dans La Fac, Lille
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Parce qu’ils n’a­vaient tout sim­ple­ment pas le choix, des mil­liers d’é­tu­diants des cam­pus lil­lois sont res­tés dans leur rési­dence uni­ver­si­taire. Beau­coup ont per­du leur job étu­diant ou leur stage et vivent depuis le début confi­ne­ment dans une pré­ca­ri­té encore plus extrême.

Si la plu­part des étu­diants sont ren­trés chez leurs parents avant le début du confi­ne­ment. Les rési­dences Crous n’ont pas été déser­tées pour autant. Selon Le Monde, 5700 jeunes seraient encore actuel­le­ment dans un loge­ment social étu­diant de la métro­pole lil­loise.

Beau­coup sont des étu­diants inter­na­tio­naux qui n’ont pas eu d’autre choix que de res­ter. “S’ils avaient pu, ils seraient ren­trés bien enten­du, explique Louis Lagache direc­teur de quatre rési­dences Crous de Cité Scien­ti­fique (Bache­lard, Bou­cher, Galois et Pytha­gore). Mais ache­ter un billet d’a­vion était juste impos­sible finan­ciè­re­ment pour eux.

9m² de confinement

Sur les 2000 étu­diants de ses rési­dences, le direc­teur a recen­sé 1300 étu­diants res­tés confi­nés sur place. “C’est très com­pli­qué pour un bon nombre d’entre eux. Déjà parce que cer­tains vivent dans des chambres de 9 m², ensuite parce que beau­coup ont aus­si per­du leurs sources de reve­nus avec le confi­ne­ment.

Job étu­diant en sus­pens, stage annu­lé ou petit tra­vail au black impos­sible. Cette situa­tion en contraint plus d’un à devoir se ration­ner au niveau de la nour­ri­ture pour avoir de quoi payer la chambre à la fin du mois. Car si le Crous a sus­pen­du le loyer de ceux par­tis avant avril, ceux qui res­tent ne sont pas concer­nés par cette exo­né­ra­tion.

Outre les condi­tions d’in­sa­lu­bri­té décriée dans plu­sieurs rési­dences du Crous de la métro­pole lil­loise, l’i­so­le­ment et le manque d’es­pace contri­buent à rendre ce confi­ne­ment par­ti­cu­liè­re­ment dur à vivre. “Il faut ima­gi­ner qu’un loge­ment de 9m² laisse en réa­li­té seule­ment 4m² de sur­face à l’é­tu­diant pour bou­ger dans sa chambre, détaille Louis Lagache. Et même si on a lais­sé les lave­ries ouvertes, on a été contraints de fer­mer les salles com­munes des rési­dences. De manière géné­rale, et mal­gré ces condi­tions, les étu­diants res­pectent le confi­ne­ment et c’est à saluer.

Asso et appel à la solidarité

Une fois par semaine, l’é­quipe de la rési­dence fait le tour des étu­diants pour s’as­su­rer qu’ils tiennent le coup. Et pour leur don­ner des den­rées ali­men­taires quand c’est pos­sible. “Heu­reu­se­ment que l’an­tenne des Res­tos du Cœur d’à côté a rou­vert. D’autres assos comme le Secours Popu­laire sont aus­si pré­sentes pour ces étu­diants.”

Côté Crous, il n’y a pas encore de retour sur la demande de sus­pen­sion de loyers pour cer­tains étu­diants. “Si une déci­sion est prise, c’est au niveau natio­nal que ça se fera”, note Louis Lagache. L’an­tenne lil­loise a néan­moins mis en place une carte pré­payée de 50€ qu’elle a dis­tri­buée aux étu­diants pour qu’ils aillent cher­cher de quoi se nour­rir dans un Car­re­four.

L’U­ni­ver­si­té de Lille est éga­le­ment très concer­née par le sort de ces étu­diants”, ajoute le direc­teur qui, de son coté, mul­ti­plie les appels à la soli­da­ri­té un peu par­tout. “Des trai­teurs du coin vont nous faire des paniers repas. Et en ce moment, le club de bas­ket fémi­nin ESB­VA-Lille Métro­pole est en pleine cam­pagne de dons pour aller ache­ter des den­rées ali­men­taires pour ces jeunes.”

Cette cagnotte leet­chi dépasse aujourd’­hui les 10 000€ de dons et reste ouverte jus­qu’à la fin de la semaine. De quoi rendre le quo­ti­dien de ces étu­diants un peu plus vivable jus­qu’à la fin du confi­ne­ment. Et après ? “Beau­coup espèrent retrou­ver un job étu­diant le plus vite pos­sible.