Jeunes diplômé.e.s de 18-25 ans : l’angle mort des aides sociales ?

Dans Lille, WorkWorkWork
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Félicitations ! Vous voilà enfin avec un diplôme en poche, prêt.e à tout déchirer dans votre futur boulot. Sauf que voilà, il faut l’obtenir ce travail. Et avec la crise sanitaire, ça risque de prendre un peu plus de temps que prévu…

Résultat, niveau thunes, dans cette période d’entre-deux où vous n’êtes ni étudiant, ni officiellement travailleur, la vie quotidienne peut s’avérer (très) compliquée. Surtout quand vous avez moins de 25 ans et que le RSA vous ferme ses portes. D’où l’idée de demander une ou plusieurs aides financières auprès d’institutions comme la CAF, Pôle Emploi, la Mission Locale ou encore la MEL.

Sauf que c’est souvent un brin compliqué… Attention, ce n’est pas qu’il n’y a pas d’aides. C’est juste qu’elles sont souvent difficiles à obtenir à cause des nombreux critères à remplir. “A l’heure actuelle, un.e jeune qui sort de ses études, n’a pas ou très peu droit aux aides financières et humaines“, affirme Orlane, présidente de la Fédération des Associations Générales Étudiantes (FAGE).

Mais ce n’est pas impossible.#OptimismeMonAmour

Les allocations chômage

Les allocations chômage concernent celles et ceux qui ont déjà travaillé (job alimentaire par exemple). Il y alors en lice la prime d’activité, l’ARE (aide au retour à l’emploi) ou le RSA jeune. Il faut respectivement avoir travaillé minimum 3 mois, 6 mois et 2 ans pour y avoir droit. Et à cette première condition s’en mêlent d’autres comme :

  • le temps de travail (plein, partiel et sur une certaine période)
  • le montant du salaire
  • la situation familiale
  • les autres ressources perçues comme les APL et les pensions alimentaires
  • et ce n’est pas fini mais la liste est vraiment longue

On est dans une situation paradoxale. On sort d’études, on cherche un travail, donc on n’a pas de salaire. Mais pour avoir une aide, il faut travailler. Et même lorsqu’on a travaillé pendant ses études, on ne peut pas prétendre aux aides à cause d’autres critères impossibles à remplir“, essaye de résumer Adrien, responsable des questions sociales à l’Union nationale des étudiants de France (UNEF).

C’est le souci avec les alloc’ chômage. Si en théorie, elles sont ouvertes aux 18-25 ans, dans la pratique, rares sont les jeunes diplômé.e.s qui répondent à leurs conditions d’accès.

Les APL et les aides locales

Vous allez dire, il reste d’autres aides financières :

  • les APL auprès de la CAF pour le logement
  • la Garantie Jeunes auprès de la Mission Locale, qui correspond à la fois à une aide financière et une aide pour trouver un travail (conseils, ateliers CV, etc). Elle prend la forme d’un contrat entre vous et la Mission Locale. Si vous ne vous investissez pas assez dans la recherche d’emploi, l’aide peut vous être retirée.
  • le Fonds d’Aide aux Jeunes en Métropole auprès de la MEL, qui peut correspondre à une aide ponctuelle de 150€ en cas d’urgence ou en attendant d’avoir la Garantie Jeunes (qui peut prendre un à deux mois à mettre en place).

Là encore, sous conditions, mais cette fois-ci, elles sont accessibles aux jeunes précaires sans emploi.

Point Corona

Pour l’instant, les pouvoirs publics ont voté le prolongement des droits au chômage et la mise en place pour les jeunes précaires d’un versement de 200€ qui se fera en juin. Mais encore une fois, tous les jeunes de moins de 25 ans n’y auront pas accès : hors étudiants, seuls ceux touchant les APL auront droit à cette aide d’urgence.

Ça laisse de côté beaucoup de jeunes en recherche d’emploi qui n’ont pas les moyens d’avoir un logement autonome“, explique Orlane. Pour Adrien, “c’est une petite avancée positive mais ce n’est clairement pas suffisant. Pour un.e jeune qui a perdu son travail avec le confinement et qui ne pourra pas retravailler tout de suite, 200 € ce n’est presque rien.

On fait quoi alors ?

Depuis plusieurs années, la FAGE, l’UNEF et d’autres syndicats étudiants et organismes comme la CESE, alertent de la situation précaire chez les jeunes. En pleine crise sanitaire, économique et sociale, la situation est selon eux, encore plus critique.

On a porté nos solutions auprès du gouvernement et du ministère du Travail : ouvrir le RSA aux 18-25 ans avec les mêmes conditions que les plus de 25 ans; élargir la Garantie jeunes à tous les jeunes, à hauteur du RSA, en déclinant le dispositif selon les profils ; accompagner les entreprises pour les pousser à engager, sans que ce soit des contrats précaires, liste Orlane François. Mais pour l’instant les jeunes sont totalement abandonnés.”

Du côté de l’UNEF, on demande en urgence, un retour de l’ARPE, une aide supprimée en 2019 qui correspondait à une sorte d’allongement de la bourse, quatre mois après l’obtention d’un diplôme. “Cette aide n’était pas parfaite mais c’était déjà ça, et le gouvernement l’a supprimée sans nous demander notre avis, explique Adrien. On est dans la continuité d’une politique défaillante de lutte contre la précarité chez les jeunes.

N.B. : D’autres aides plus spécifiques mais qui ne sont pas de première nécessité peuvent aussi vous être accordées par la CAF, Pôle Emploi, la MEL ou la Mission Locale (aide pour payer le permis de conduire, pour payer les transports pour se rendre à un entretien d’embauche,…).