Logement, précarité, trajet : une étude tire le portrait des étudiants de l’Université de Lille

Dans La Fac, Lille
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Lille est une ville étudiante et on en compte quasi 70 000 rien que sur les campus de l’Université de Lille. Une étude basée sur des chiffres de 2019 a voulu dresser un bilan des conditions de vie et d’études de ces jeunes.

C’est l’ODiF (Observatoire de la direction des Formations) qui s’est lancé dans cette grande étude lilloise début 2019 en envoyant un questionnaire en ligne à quelques 46 500 étudiants de l’Université de Lille. Environ 7500 ont bien voulu y répondu pour dresser une cartographie de leur vie étudiante. Après un petit redressement statistique, voici ce qui en sort.

Toit, toit mon toit

Trouver un logement décent, pas cher, pas loin du métro ou d’un arrêt de bus, c’est la mission galère des étudiant.e.s dans la métropole lilloise. Qu’est ce que nous apprend de beau l’étude sur ce vaste sujet sensible ?

Déjà, le mot “décohabitation” qui ici fait référence à l’envol du jeune vers son studio la semaine (au moins). Plus le jeune avance dans ses études supérieures, plus il passera de temps loin de papa et maman, logique. On passe de 58% des jeunes qui ne vivent plus chez leurs parents en L1 à 80% quand il débarque en master.

La moyenne se situe à 66% pour la décohabitation. On en retrouve énormément dans l’appart’ qu’ils ont déniché eux-mêmes dans le parc locatif privé (62%). Un quart (26%) sont en résidence universitaire tandis que le reste se scinde entre ceux qui ont un appart’ qui leur appartient ou qui appartient à leur famille (10%) et ceux qui logent dans du parc locatif social (2%).

Lille, the place to live

Et ils vivent où ? En majorité à Lille intra-muros of course. Même si ce n’est clairement pas là que se trouvent la majorité des campus de l’Université, la moitié des étudiants (49%) sont lillois. On les retrouve majoritairement dans trois quartiers précis de la ville : le centre, Moulins et Wazemmes.

L’autre grosse ville qui héberge les étudiants, c’est Villeneuve-d’Ascq avec un peu moins de 20% d’entre eux. Le coin qui attire là-bas, c’est clairement Cité Scientifique (50% d’étudiants).

@ODiF

Seul ou accompagné ?

La grande majorité de ceux qui ont leur propre logement vivent généralement seuls (60%). Pour le reste et donc ceux qui ont choisi la vie à deux, voire à trois ou quatre, ils habitent soit en couple (42%) soit en coloc’ (48%).

Un bon bail quand on sait que loyer tourne en moyenne entre 400 et 600€ (hors logement Crous). Selon l’étude, le tiers des étudiants payent eux-mêmes leur loyer.

Métro, boulot, dodo

Pas de méga big news de ce côté là : 76% des étudiants utilisent le métro en semaine pour aller en cours. Dans la liste des transports privilégiés, on retrouve ensuite la marche (56%), le bus (33%) et la voiture (32%). Bizarrement, le vélo n’arrive qu’après le train avec seulement 9% (si tout ça fait plus de 100%, c’est normal, il y avait trois choix à faire max).

Côté durée, on est sur moins de 30 minutes de trajet aller pour 2/3 des étudiants et à peu près la même proportion côté tarif : 60% d’entre eux payent moins de 30€ par mois pour se déplacer jusqu’à leur campus.

Pour la densité estudantine, elle est forcément plus forte sur les gros campus comme Pont-de-Bois, Cité Scientifique ou celui du CHRU.

Money, money, money

La précarité étudiante n’est malheureusement pas éradiquée de nos jours. Si 50% de étudiants de l’Université se déclarent boursiers, c’est surtout les chiffres qui suivent qui font mal au ventre :

  • 28% ont déjà rencontré des difficultés financières au point de ne pas pouvoir payer leur loyer, leurs facture ou s’acheter de quoi manger
  • 23% ont renoncé à consulter un médecin pour raisons financières
  • 15% déclarent ne pas manger à leur faim de manière répétée pour raisons financières

L’étude explique qu’un étudiant sur trois a été rémunéré pour une ou plusieurs
activités comme un job étudiant ou du baby-sitting. Des chiffres qui datent de 2019 et qui ne peuvent donc pas prendre en compte la situation sanitaire actuelle. Mais à l’époque, déjà, pour 60% étudiants qui bossaient à côté de leurs études, ces revenus étaient indispensables pour vivre.

On est désolés de terminer sur une telle note mais au delà des chiffres, c’est une réalité pour beaucoup d’étudiants lillois. Le confinement a depuis accentué la précarité étudiante.
–> Lire aussi :“On fait de l’aide humanitaire” : la précarité étudiante a franchi un nouveau seuil dans la métropole lilloise

On vous quitte avec un lien qui renvoie vers l’étude complète si vous êtes curieux de creuser un peu plus le sujet.