Un carte collaborative recense les lieux de “poésie urbaine” à Lille et ailleurs

Dans Ch'est bieau, Dans la rue, Lille
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Une belle fleur qui a percé le béton au détour d’une rue, un mur joliment tagué, une façade de maison délicate, un pied de rosier ancien plein de bourgeons… La ville peut être un recueil de poésie, si on y regarde de plus près. Le collectif Graphites propose de recenser ses petits instants suspendus sur une carte.

Le monde est un peu triste, il fallait mettre un peu de poésie dedans“, avance l’architecte Karen Fioravanti. Avec sa consœur Camille Hamard et la plasticienne Chloé Wizla, elle a créé il y a cinq ans le collectif Graphites pour aborder “la question de l’appropriation de l’espace public“.

Les trois Lilloises ont l’habitude de travailler collectivement, et en collaboration étroite avec les habitants dans leurs différents projets. “Il y en a des participatifs dans le cadre de nos projets de design social.” Souvent, elles utilisent des cartes collaboratives pour faire avancer les idées, pour faire resurgir les besoins et la vision qu’ont les riverains de leur habitat. “C’est pour donner envie de voir son environnement sous un nouvel angle, peut-être aussi provoquer des émotions.

Pendant le confinement, les trois associées ont été séparées, isolées, et n’ont pas pu sortir dans ce grand terrain de jeu qu’est la ville aussi librement qu’avant. “L’espace a été redéfini, limité, le mouvement des corps a évolué aussi : on s’évite, on ne va plus les uns vers les autres.” Karen, Camille et Chloé ont eu envie de remettre un peu de beauté dans ce monde devenu solitaire. “L’idée est de proposer une carte basée sur la poésie. Chacun a sa propre interprétation : ça peut être un souvenir, quelques fleurs entre les pavés, de l’art de rue, une maison à l’architecture originale, un jeu d’enfant dessiné à la craie…” Tout ce qui “enchante le quotidien“, qui vous fait vous arrêter dans la rue et vous dire “c’est beau“, “c’est amusant“, “c’est poétique“, “c’est une belle idée“.

Yeux, oreilles, nez

Pour participer à cette carte, deux solutions s’offrent à vous. “Les gens peuvent se promener, ouvrir leurs yeux, leurs oreilles, leur nez… Ça peut être un son, une odeur. Ils peuvent prendre une photo et nous l’envoyer par mail ou sur Instagram avec l’adresse du lieu et une anecdote, une description s’ils le veulent. On l’ajoutera à la carte.” Le collectif ne fait aucune sélection et ajoute tous les points proposés. “On n’a aucun filtre, on donne juste le regard des autres.

L’autre solution est de faire sa propre carte mentale de son quartier. “Il faut la faire à la main, sur une grande feuille blanche.” Vous mettez votre maison au centre de la carte, et vous dessinez les artères qui l’entourent. A vous d’ajouter les petits spots de poésie de votre quartier. “Les gens peuvent nous les envoyer, et on ajoutera leurs points aussi.

Et ensuite ? “On ne sait pas exactement quel avenir donner à cette carte. Tant qu’on peut la gérer, on continuera. Si ça prend beaucoup de temps, peut-être qu’on passera la main.

En attendant, vous pouvez envoyer vos petits spots de poésie urbaine à graphites.poesie.urbaine@gmail.com ou via Insta directement. Et pour accéder à la carte, c’est par là que ça se passe.