L’Atomium, à Bruxelles, aurait dû être déconstruit au bout de six mois

Dans Article Sponsorisé, Lille
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Vous êtes déjà allés à l’Atomium ? Ce bâtiment fou en forme d’atome est l’un des grands symboles de la capitale de nos voisins. Et son passé est tout aussi gue-din. Retour sur une grande bizarrerie de l’histoire belge.

Remontons au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. En 1958, les tickets de rationnement viennent à peine de disparaître, le spectre de la guerre recouvre encore l’Europe. Dans ce monde moderne d’après-guerre, on essaie d’aller de l’avant, de se tourner vers le futur. Et quoi de mieux qu’une bonne exposition universelle des familles pour montrer que le monde sait être uni ? Cette année-là, elle se tient à Bruxelles, sur le plateau du Heysel, au nord de la ville. Un site suffisamment grand pour accueillir tous les pavillons étrangers. Celui de la Belgique sera le plus grand et le plus spectaculaire, bien sûr.

Maille conventionnelle du cristal de fer

Pour cela, l’organisation demande à André Waterkeyn, ingénieur civil de la Fédération des industries métalliques belges, d’imaginer une structure qui représente le savoir-faire industriel de la Belgique. Naturellement, le monsieur imagine un bâtiment qui prendrait la forme d’un atome, plus particulièrement de la maille conventionnelle du cristal de fer. Hyper simple, en 1958, de construire un bâtiment de la sorte. Mais on y croit. Le est confié à deux frérots architectes, André et Jean Polak, eux-mêmes fils de Michel Polak, architecte des stars au début du siècle. Pas des perdreaux de l’année, quoi. Les travaux démarrent en 1956.

Il pleut dans les sphères

Et on peut dire que la construction de cet Atomium est une prouesse technique pour l’époque : 102 mètres de hauteur, 2 400 tonnes, neuf sphères de 18 mètres de diamètre reliées par vingt tubes longs de 23 et 29 mètres, et recouvertes de plaques d’aluminium… Le chantier prend fin à temps, et l’Exposition universelle peut commencer le 17 avril 1958 avec la star des pavillons finie et shiny. Jusqu’en octobre, 42 millions de personnes viennent visiter l’exposition, du monde entier. L’Atomium fait son petit effet. Puis voilà, l’événement se termine.

Mollement, les dirigeants du pays annoncent que l’Atomium sera démonté, mais personne n’a vraiment envie de lancer le chantier. Deux ans de travaux pour six mois d’expo, ça fait mal, on peut comprendre. Et puis c’est qu’il est sympa, perché sur sa colline, à dominer la ville de ses neuf sphères. Les Bruxellois ont déjà eu le temps de s’y attacher. Bon, voilà, le bâtiment n’est pas vraiment oublié parce qu’il rentre dans l’imaginaire collectif comme un symbole de la ville, mais il n’est pas non plus entretenu. Au début du XXIe siècle, les Bruxellois découvrent qu’il pleut dans les sphères, que les plaques d’aluminium tombent, et que globalement, le lieu est une friche. Construit pour ne durer que six mois, il aura tenu plusieurs décennies. Belle perf’.

Lifting en 2004

Là encore, il est question de le déconstruire. Mais les Bruxellois s’insurgent. C’est leur Atomium. Ville, région et État fédéral mettent au pot pour lancer la rénovation en 2001. Les plaques d’aluminium sont vendues comme souvenir pour boucler le financement des travaux, qui coûtent la coquette somme de 27 millions d’euros. Entamé en 2004, le lifting prend fin en février 2006. La structure est gardée, ainsi que certains éléments (escaliers, rampes…) très vintage. Mais tout le reste est retapé, mis au goût du jour, repeint, repensé.

Et aujourd’hui, quand on va à l’Atomium, on peut se promener dans six des neuf sphères, en ascenseur, en empruntant des escaliers ou des escalators aux ambiances très variées (disco, nature, vintage…). On peut admirer un panorama canon sur Bruxelles, et manger un bout en hauteur. Et sinon, une expo permanente raconte la folle épopée de l’Atomium, et des expos temporaires sont chaque année consacrées au doux concept de belgitude.

Si vous prévoyez, cet été, de vous rendre à Bruxelles, on ne peut que vous conseiller de consacrer une journée au plateau du Heysel : les voisins direct de l’Atomium sont l’ADAM – le musée du Design – et un grand et beau parc dans lequel on peut participer à de nombreuses activités l’été. Sans rire, très chouette endroit.

Pour y aller en voiture, comptez un peu plus d’une heure depuis Lille. Pour le train, c’est direction Bruxelles Midi, puis ligne de métro 6 direction Roi Baudouin, arrêt Heysel. Fastoche. Le musée est ouvert tous les jours de 10 heures à 18 heures. Il vous en coûtera 16 euros si vous avez entre 18 et 64 ans, 8,5 euros si vous êtes étudiant. On vous invite à vous rendre sur le site de l’Atomium pour de plus amples informations pratiques. 

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