[Coronavirus] Taux d’incidence, de positivité, seuil d’alerte… Que veulent dire les indicateurs épidémiques ?

Dans Lille, Santé !
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Les chiffres communiqués vendredi dernier lors de la conférence de presse du préfet du Nord à Lille étaient éloquents et avaient de quoi faire craindre un dépassement du seuil d’alerte. Mais d’où viennent ces chiffres justement ? Comment les lire et comment calcule-t-on les taux d’incidence et de positivité ? 

Allez, on va commencer par un petit topo lexical :

  • le taux d’incidence, c’est celui à prendre en compte quand on veut évaluer la fréquence mais aussi la vitesse d’apparition (et donc de propagation) d’une maladie. C’est le nombre de cas pour 100 000 habitants sur une période et une zone géographique donnée.
  • le taux de positivité, c’est le nombre de test positifs sur le nombre total de tests de dépistage effectués sur une période dans un même secteur.

Comment sont remontés les cas positifs à l’Agence Régionale de Santé ou à Santé Publique France ? “Via un outil sécurisé appelé SIDEP“, explique-t-on à l’ARS. C’est sur ce fichier informatique que les médecins généralistes et/ou l’Assurance Maladie vont venir renseigner les résultats des dépistages qui leurs sont revenus chaque semaine. Le taux d’incidence est rapporté à la densité de population et à un secteur géographique précis. Quatre cas positifs dans un village de 200 habitants contre quatre dans toute la ville de Roubaix n’ont, par exemple, n’afficheront logiquement pas le même taux et ne seront pas interprétés de la même manière.

Il est aussi important de lire ces deux indicateurs (positivité et incidence) ensemble car seuls, leur interprétation peut s’avérer faussée. Par exemple, le taux d’incidence peut augmenter si on lance une grosse campagne de dépistage dans un même lieu à un moment donné (ça a d’ailleurs été le cas dans le Nord). C’est en l’associant au taux de positivité qu’on peut mieux appréhender la “dynamique” de l’épidémie.

Augmentation en duo dans la MEL

Et pour le coup, ces deux taux sont en hausse, et même très en hausse pour le taux d’incidence, dans la métropole lilloise (chiffres datant du 31 juillet) :

  • le taux d’incidence a doublé entre le 20 et le 27 juillet dans la métropole lilloise passant à 31 cas /100 000 habitants (le reste du département affiche lui un taux légèrement supérieur à 17,5/100 000).
  • le taux de positivité est désormais passé à 2% alors qu’il était d’1,6% la semaine précédente et à 1,4% il y a quinze jours.

C’est une dynamique qu’il faut casser au plus vite car, d’après Patrick Goldstein, chef des urgences et du SAMU du Nord au CHU de Lille, “si c’est un doublement cette semaine, ça peut être quatre fois plus la semaine prochaine, seize fois plus dans trois semaines, soixante-douze fois plus après et ainsi de suite…” D’où la décision de la préfecture d’imposer le port du masque dans plusieurs zones de la métropole lilloise depuis ce lundi (et pour au moins un mois).

Pour mieux mettre en perspective les chiffres de la métropole lilloise, il faut aussi savoir que :

  • le seuil de vigilance pour le taux d’incidence est de 10/ 100 000 habitants (voilà pourquoi tout le département du Nord est en vigilance orange)
  • le seuil d’alerte est à 50 / 100 000 habitants : au cœur de la métropole lilloise (Lille-Roubaix-Tourcoing), on atteint déjà les 40/100 000