Super Quinquin, le supermarché collaboratif, s’étale à Fives

Dans Ch'est bieau, Lille
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C’est un supermarché un peu spécial puisque ceux qui le gèrent sont les clients. Super Quinquin, après avoir vécu à l’étroit rue du Prieuré, a ouvert cet été, et dans ses propres murs rue Pierre-Legrand, son grand et chouette magasin. Par ici la visite.

Il y a d’abord un accueil, puis un long couloir aux murs de bois, puis les caisses. Ensuite, on se trouve dans un endroit sympa, on ne va pas se le cacher. Ici, vous trouvez de tout : du bio, du pas bio, du local, du circuit très court, quelques marques, mais pas de matraquage publicitaire, pas d’incitation à consommer plus que de raison. C’est certainement parce que les 1 600 collaborateurs qui se relaient dans le magasin pour le tenir en sont aussi les clients. On vous explique.

Super Quinquin est né en 2015 de l’envie de proposer un supermarché qui soit une alternative à la grande distribution. Un endroit où on pourrait acheter au juste prix des produits de consommation courante et qui serait participatif et inclusif. Gros programme, hein ?

Modèle new yorkais

Inspiré notamment de Park Slop Food, un supermarché collaboratif new-yorkais ouvert il y a des décennies, le modèle de Super Quinquin est très simple : en devenant sociétaire – et donc en achetant des parts de la société -, les gens ont un droit et un devoir.

Le premier, c’est d’y faire leurs courses et de bénéficier de prix réduits et de produits de qualité. Le second consiste à donner trois heures de leur temps toutes les quatre semaines. Caisse, accueil, mise en rayon… Les sociétaires se relaient toute l’année pour, littéralement, faire tourner la boutique. “Chaque jour, entre 30 et 50 personnes viennent pour gérer le magasin“, précise Nicolas Philippe, directeur des lieux.

Aujourd’hui, le magasin s’étend sur 1000 m2 au début de la rue Pierre-Legrand, donc 400 m2 de rayons. Légumes, fruits, produits frais, cosmétiques, vrac, bouteilles consignées… Le supermarché n’est rien d’autre qu’un supermarché, après tout. Avec une grosse dimension inclusive, tout de même. “C’est notre enjeu majeur, confirme la présidente de la coopérative Geneviève Sevrin. Aujourd’hui compte 20% de nos sociétaires qui bénéficient des minima sociaux. On peut mieux faire.

Pas un “club de bobos”

Pour elle, l’idée n’est pas de faire de Super Quinquin “un club de bobos“. “On doit pouvoir trouver de tout, et pas que du bio. Il faut que les gens aient le choix d’acheter ce qui leur ressemble.” Il y a du premier prix, du moyen de gamme, du bio – un peu moins cher qu’en grande surface classique -, et des produits plus rares. 4000 références sont proposées aux clients.

Pour ce chouette endroit, Super Quinquin a dû rassembler 1,2 million d’euros, dont 200 000 euros ont été apportés par les sociétaires. L’objectif des prochaines années : doubler le nombre d’adhérents.

Pour devenir sociétaire, il faut demander à participer à une réunion d’information pour ensuite décider si on est prêt à se lancer dans l’aventure. La souscription minimum est de 10 parts sociales à 10 euros l’une (donc 100 euros). Les bénéficiaires des minima sociaux peuvent ne prendre qu’une part sociale. Enfin, et c’est pour ça que Super Quinquin fonctionne aussi bien, les trois heures de présence toutes les quatre semaine sont obligatoires. Si vous ne les faites pas, vous devez les rattraper.

On vous met le site de Super Quinquin, si ça vous dit. Et sachez que le 26 septembre, la coopérative organise une journée courses ouvertes où vous pouvez venir tester le magasin exceptionnellement sans être sociétaire.