Le CHU de Lille déclenche le plan blanc et alerte sur les clusters familiaux

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Plan blanc, transfert de patients, taux d’incidence en hausse… Même si le CHU affirme n’être qu’à 53 % de ses capacités d’accueil en réa – ce qui est plutôt rassurant -, les médecins restent préoccupés par l’augmentation exponentielle du nombre de cas Covid dans la métropole lilloise.

On ne va pas se mentir, ça commence à sentir le roussi. Actuellement, le CHU compte 65 personnes en service de réanimation et accueille deux fois plus de patients Covid que la semaine dernière. Huit ont été transférés ce jeudi soir vers Boulogne, Montreuil ou Amiens.

Dans le même temps, le plan blanc a été déclenché après concertation avec l’ARS. Ça veut dire que les ressources, notamment humaines, se mobilisent en deux-deux pour armer au mieux les unités Covid. Des étudiants en médecine et du personnel retraité ont par exemple rejoint les rangs, et le CHU peut donc envoyer des patients dans d’autres centres hospitaliers si ça commence à faire trop. Les capacités d’accueil en unité Covid ont été revues à la hausse, et comme en mars, les opérations non-urgentes ont été déprogrammées. Enfin, les visites des proches sont limitées au maximum.

Des malades plus graves qu’en septembre

Julien Poissy, chef du service réanimation, pointe du doigt la sphère familiale et les regroupements perso. C’est clairement pendant les repas de famille qu’on a tendance à baisser la garde et à oublier les gestes barrières. Pourtant, il faut continuer à faire gaffe : “En septembre, on a accueilli des patients moins graves que lors de la première vague. Ce qu’on constate aujourd’hui, c’est que les malades graves arrivent maintenant. Ils restent longtemps en réanimation, ce qui pose problème pour les flux“, annonce le médecin.

Même si la plupart des patients Covid sont plutôt âgés, d’autres cas interpellent. Certains ont à peine la quarantaine et, même s’ils sont un peu en surpoids, ils n’ont pas de pathologie particulière. Les populations précaires sont aussi plus touchées, car plus fragiles. Ce qui explique pourquoi Roubaix a un taux d’incidence qui explose par rapport à d’autres villes de la métropole lilloise.

Concernant l’efficacité du couvre-feu dans la métropole lilloise, le responsable du pôle réanimation prévient qu’il faudra “attendre au moins 15 jours pour constater les premiers effets“. En attendant, le directeur du CHU, Frédéric Boiron, insiste sur le fait que l’on peut tous, à son petit niveau, contribuer à ce que la situation sanitaire n’empire pas : “Il faut que chacun continue de prendre ses précautions pour aider le système de santé“. Du coup, en résumé, continuez d’être masqués (ohé ohé) un max, lavez vos petites mains dès que vous en avez l’occas’ et évitez de faire des grosses teufs à plus de six.