Plus de la moitié des pauvres en France aurait moins de 30 ans

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L’Observatoire des Inégalités vient de publier son deuxième rapport sur la pauvreté en France, avec un gros focus sur les jeunes car ils sont les premiers touchés par le ralentissement économique. Et on vous parle d’un constat basé sur des données pré-pandémiques, ce qui n’annonce malheureusement rien de bon.

Les auteurs de cette étude sont loin de vouloir cracher dans la soupe : bien évidemment la France reste l’un des pays où le modèle social fait partie des meilleurs. Sauf que “ça ne veut pas dire que la situation n’est pas inquiétante“. Pour l’Observatoire des Inégalités, un organisme indépendant fondé à Tours en 2003, il est important de dresser ce tableau des inégalités régulièrement pour pointer du doigt là où il faut encore s’améliorer.

Sauf que par rapport à 2018, la situation ne s’est pas améliorée et la pauvreté s’est encore un peu creusée en France. Les auteurs basent leur seuil de pauvreté à 50 % du revenu médian, soit environ 900 euros nets par mois, en comptant toutes les ressources reçues (allocs, APL, pension, bourses etc). D’après leur analyse, il y avait donc 5,3 millions de Français.es (8,3 % de la population) qui vivraient avec moins de 900 euros/mois en 2018. On vous dit 2018 car deux ans, c’est grosso modo le temps qu’il faut pour récupérer toutes les données dont a besoin l’Observatoire pour bosser. En cinq ans, il y a eu selon eux 350 000 pauvres en plus.

Et parmi ces 5 millions de personnes, sachez que plus de la moitié n’ont pas 30 ans. Il y a bien évidemment les enfants et ados qui le sont parce que leurs propres parents sont touchés par la pauvreté. Mais il y a surtout les jeunes, les 18-29 ans qui comptent pour près d’un million. Pour l’Observatoire, il y a surtout un focus à faire sur les 18-24 ans, sur ces jeunes qui quittent le foyer familial et qui ont du mal à joindre les deux bouts sans pouvoir être éligibles à pas mal d’aides dont le RSA avant leur 25e année.

L’Observatoire des Inégalités ne fait pas que dresser des bilans, il propose également des pistes de réflexion. Comme l’instauration d’un revenu mensuel unique de 900 euros par mois (en comptant toutes les aides) et accessible dès 18 ans. Selon lui, cela équivaudrait à un coût de 7 milliards d’euros par an.

Il faudra attendre la prochaine étude dans 2-3 ans pour évaluer l’impact qu’aura eu la crise sanitaire de 2020…

Pour lire l’étude complète (payante) c’est ici.